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18 août 2010

Etude objectiviste sur le mode de vie du Raffutin*. par Anne-Louise Maillet



Le Raffut est arrivé…

Jeudi 12 Août, 7h34, entrée triomphante dans la rade de Martigues, 30h et 56 minutes avant l’heure officiellement annoncée. Victorieux mais épuisé, nos Raffutins* favoris reposent donc pour la première fois depuis 11mois, 5 jours, 8h et 26 minutes les pieds sur leur chère terre natale. Emotion… « C’est quand même vraiment moche Martigues » (Manu) - « habile » (Ju) -« bon on nettoie ? » (Adri). « EXCEPTIONNNELLL FANTASTICO QUE BELLO » (Martina), « Attend, le café d’abord » (Oliv). « Quoi, on est déjà arrivés ? » (moi qui sort de la cabine). Rien de solennel, pas de champagne (ni de croissants L ) à l’arrivée. Juste un soleil qui tape, des lignes de hautes tensions, un quai loin de tout et la promesse d’une grosse, très grosse journée. L’idée : tout nettoyer au mieux et au plus vite pour pouvoir profiter à fond de deux jours de retrouvailles intenses là ou le départ s’était préparé un an plus tôt.

Mission accomplie. Et cela relève de l’exploit lorsqu’on voit la quantité de ##### que l’on peut accumuler sur un Raffut. Des Blitzkriegs (vieille plaque de plastique informe grossièrement gribouillée au marqueur d’hexagones accompagné de quelques boulons coloriés), des dizaines de conserves hier presque appétissantes mais qui ne sont plus que de vieilles boites rouillées, des bobrafuts, des duvets (qui sentent mauvais)…bon, j’en passe (il y en a de meilleurs)… Bref tout ça sur un quai ça fait du bordel ; dans quatre voitures ça fait du volume et dans 6 bras ça fait du poids ! J’en profite pour glisser ici un GRAND merci à tous les incorruptibles venus donner un petit coup de main : à Emile et Jacqueline qui nous ontoffert un bon pique-nique , Clarisse qui a rempli sa voiture de divers objets plus ou moins « malades », à Pierre-Antoine qui.. qui est passé et a vidé un seau.

Le moment des retrouvailles peut maintenant commencer. Les Raffutins*, les yeux qui brillent retrouvent leurs Belles, leurs familles et leurs bons potes. Tout le monde n’est pas là encore, mais assez de monde est rassemblé pour trois jours un peu improvisés, improbables, fous, riche en émotions, pauvres en sommeil et remplis d’anecdotes. Ce n’est pas aujourd’hui ma mission que de raconter ces quelques jours ; pour faire vite : Champââââgne, mais surtout bières, rosé, jaunes et volley ; frites grillades et belotes contrées ; vrais lits (pour les privilégiés…), machines à laver et Carrefour à proximité étaient là pour nous accueillir…bref juste assez pour égayer nos Raffutins* un peu déboussolés et leur rappeler ce que 99,9% de leur 29 visiteurs on pu se dire à leur retour sur terre: « Bah quelle drôle d’idée d’avoir voulu habiter 1 an sur un bateau tout mouillé ?». J’en profite d’ailleurs pour glisser une TRES grand merci à Fabienne, Bernard et Ola qui ont unef fois de plus, plus que très bien accueilli tout ce monde venu de plus ou moins loin saluer, féliciter et interroger les navigateurs.

Veuillez m’excuser chers lecteurs rêvassant sur ce blog, vous l’attendiez tous et je vous l’ai promis, il est maintenant temps de donner à chacun un regard objectif sur le mode de vie du Raffutin*. Des Acores à Martigues pour une durée de 23 jours et une distance de 1880 miles je me suis infiltrée sur le Raffut et me suis faite passer pour l’une des leurs afin de vous livrer un témoignage exclusif sur les réalités de leur vraie vie à bord. Expérience riche et forte qui m’a permis d’observer de très près (et au près) le Raffutin* dans les diverses configurations de son environnement naturel : au près et au port, au travers et de travers, au bon plein et bien plein, au grand largue et au large, et de comprendre à quel point, loin d’être devenu comme on pourrait le penser après un an de vie plus que commune, un « type » de simples marins un-peu-beauf-un-peu-héros qui aime le Rhum les femmes et la bière –nom-de-dieu ils sont en fait des devenus personnages complexes aux diverses facettes souvent surprenantes. Bref il est temps de casser les clichés, les préjugés, les on dit qui se sont doucement dessinés dans nos esprits au travers de ce blog, et au fil des témoignages des rescapés revenus à Paris témoigner de leur expérience autour d’une bière au HideOut :


On dit que le Raffutin* porte des chapeaux. Oui, il les porte, tous les jours. D’ailleurs tant mieux car c’est nous qui les leur avons offerts. On peut même dire que Adrien, ne sort jamais de jour comme de nuit sans son chapeau coloré (ou décoloré ou déteint mais toujours coloré enfin on ne sait pas trop) : De Carthagène à Barcelone et encore à Aix et bientôt à Tour ! tenterait-il d’imposer un nouveau style mi Rave mi campagnard ?

On dit que le Raffutin* est déconnecté. Là, vous plaisantez, vaste blague comme certain diraient : il faut voir Jul, Adri et Oliv, le pied aussitôt posé à terre se ruer sur leur compte FaceBook pour voir qui aura le plus de notifications après 8 jours passés en mer ; commentant ensuite à chaque escale l’évolution de la cote de popularité (ie nombre de Attending) de la « soirée de retour ». Manu, en dehors de tout ça réussi tout de même à caler l’air de rien le lendemain de son anniversaire qu’il a eu 51,3 notifications. Habile.


On peut croire que le Raffutin* n’est pas au courrant… là encore il y a erreur. On ne sait pas trop comment mais à 500 miles de cotes Julien connaît les derniers résultats de l’OM et les dernières performances de l’équipe de France au championnat d’Europe d’athlétisme. Et à la seconde, que dis-je au centième de seconde, en plus. Bon admettons que pour ce qui est de l’actualité « normale » ils ont souvent un mois de retard. Mais attention, l’information dont-ils disposent grâce aux quelques magasines importés… ils la connaissent, et bien! Tous par exemple savent que la Chine développe actuellement un projet de délocalisation à Châteauroux pour pouvoir labelliser sa production Made in Europe.

Le Raffutin* est écolo. Oui c’est vrai ils nous expliquent pourquoi on a le droit de jeter tout un tas de truc à la mer, mais pas d’autres trucs. Comment économiser l’eau (cad ne pas en utiliser du tout), l’électricité et le chocolat (un carreau, pas plus). Mais il n’est pas Ecolo bobo: une fois sur terre c’est avec une grande joie qu’il mange un bon gros Burger King.

On dit que le Raffutin* pèche. J’aurais bien voulu ! En fait, le Raffutin* tente quelquefois de pécher. Le plus souvent, la seule chose qu’il attrape ce sont des sardines à l’huile à l’eau, à la moutarde ou à la tomate enfouies sous les planchers. Pourtant des témoins l’ont dit et nous avons des photos à l’appui : ils auraient apparemment déjà péché quelques poissons… nous aurait-on menti ? Olivier aurait-il mis au service de leur gloire ses talents sur PhotoShop? Non allez j’avoue, une fois ils ont en attrapés des poissons… tellement d’ailleurs qu’on aurait presque dit un coup monté (peut être essayaient t-ils de me bluffer…) : 12 maqueraux (des fois trois en un seul lever de canne) en moins de 30 minutes ! vous y croyez vous ?


On se dit que le Raffutin* gère. Grave ! C’est fou d’ailleurs : 25 nœuds de vent au travers, 300 miles de Gibraltar, des creux de 4,5 mètres, qui déferlent (et je n’exagère même pas). Moi, un peu beaucoup angoissée mais qui préfère me taire, je peux observer Manu, Oliv, Adri qui se succèdent à la barre, l’air, serein. « De toute façon on n’a pas le choix, on ne peut que aller tout droit » précise Jul fataliste au moment ou l’on m’annonce que l’Iridium (téléphone par satellite) ne marche pas (en fait il n’était pas tout à fait cassé puisqu’à Martigues, si tu montes sur le muret et lèves un peu le bras tu captes, un peu, suffisamment pour appeler les parents de Manu et les informer de notre arrivée). 500 miles de toute terre, la barre a roue pète, une chaîne s’organise calmement, la cabine arrière est vidée et 20 minutes de bricolage plus tard, Oliv peut de nouveau surfer fièrement la houle. Le lendemain rebelotte. La même. (habiles les mecs quand même)


On dit que le Raffutin* sent mauvais. On dira même que ses habits tombent malade… Et bien là figurez vous que j’ai été agréablement surprise. En comparaison avec 4 mecs regroupés dans un espace de 24m² pour une journée à Paris ils sentent la rose. Oliv’ seul à avoir admis qu’il a passé 8 jours sans se doucher n’a pas attrapé la maladie qui pourtant avait pu se développer dans les « coussins » bleus. D’après leurs témoignages, j’ai eu de la chance de ne pas devoir vivre avec un certain Raoul à l’origine de toute les rumeurs au sujet de l’odeur du Raffutin*.

On se dit tous le que le Raffutin* est un aventurier. Hum hum, après quelque jours de près, tous autant que nous sommes a bord ne souhaitons qu’une seule chose : pouvoir faire notre prochain quart pépère en mode pétole-moteur-pilote-bouquin. Bon d’accord j’avoue ils sont un peu beaucoup aventuriers quand même ; disons qu’ils peuvent juste être un peu fénéant des fois.

On peut penser que le Raffutin* n’aime pas la télé. Bah oui, c’est des aventuriers, pas du tout le genre à moisir tout une journée affalé sur un fauteuil à regarder des bons mauvais films… Hum hum ! Les beau gosses s’enferment en fait volontiers le très petit écran posé sur leurs genoux pour regarder (en boucle) les films que leur pote français-rencontré-sur-une-ile-quelque-part-dans-l’atlantic leur a donnés. Même remarque que pour l’actualité mentionnée plus haut : ils disposent d’un nombre limité de film, ils les connaissent tous par cœur et développent donc volontiers un comique de répétition, habile, qui peut paraître être une névrose originale (type TIC) pour un observateur non averti, habile.


On dit que les Raffutins* sont en vacances. Ah, là en vérité, c’est ce que je croyais aussi et j’aurais bien aimé ne pas me tromper d’ailleurs ! En fait c’est une vaste illusion, croyez le ou non, ce n’est pas du tout les vacances sur le Raffut. On vous réveille à 4h du matin alors qui fait 10 degrès pour vous demander de tenir une barre, il faut tout le temps faire des vaisselles et préparer des repas, il faut faire des points en reportant des abscisses et des ordonnées dans un repère non orthonormé avec des compas compliqués et écrire des lignes dans un journal de bord alors qu’on a le mal de mer, nettoyer le carré, et en plus, tout est prétexte à vous donner des cours de voiles ou de mécanique auxquels vous devez témoigner un intérêt poli. Bref nos Raffutins* se « mettent en vacances » une fois au port ou au mouillage, mais le reste du temps ne plaisantent pas.

On se dit que le Raffutin* est un morfal. Admettons-le, c’est un peu vrai : pour manger 600g de de Riz-Raffut à 4h il faut l’être un peu. Néanmoins il faut reconnaître un petit coté gastronome à ces navigateurs : ce n’est pas systématiquement vers le bon gros Macdo que nous nous dirigerons une fois arrivée dans les ports espagnols mais c’est avec enthousiasme et coquetterie que nous allons dans la trop méconnue enseigne espagnole : 100 Montaditos engloutissons quelques spécialités locales. Aussi, rien de tel pour rendre un Raffutin* heureux que de déboucher une bonne bouteille de vin, d’ouvrir une boite de bon pâté gourmet ou de cuisiner du confit de canard.

On peut croire que le Raffutin* est un peu rustre. Et bien non figurez vous que chez chacun d’eux on peut découvrir un petit talent d’artiste. Adrien fait chaque jour preuve d’une créativité impressionnante pour tenter de faire transformer les ingrédients de bases disponibles sur le bord en quelques recettes originales plus ou moins convaincantes. Nos estomacs se souviennent d’ailleurs tous de sa quiche dont la pâte si elle ne pouvait pas être digérée correctement aurait pu servir à refaire l’étanchéité du bateau. Olivier et Julien mettent volontiers en commun leur talent pour nous faire quelques compositions picturales surprenantes (à situer entre du Ernst et les dessins de votre petit frère) Je les invite d’ailleurs à en faire une exposition à la tant attendue Soirée de Retour à Tour.

Voila j’espère vous avoir apporter un bon éclairage sur la complexité et la diversité des caractères de nos chers Raffutins*. J’imagine que vous êtes tous maintenant d’autant plus impatient de les retrouver les stars (désormais mondialement connu grâce à la parution d’un article à leur Effigie dans Voiles et Voiliers) et de leur poser tout un tas de questions (ça leur permet de crâner un peu ils kiffent grave donc n’hésitez pas !)! La soirée de retour à Tour (pardon à Cinq Mars la Pile) est faite pour ça, et l’on vous attend nombreux (n’oubliez pas le virement, habile) !

Une chose est sure, cliché ou pas clichés, putain, ils l’ont fait !

Au nom de tous vos lecteurs et de tous vos visiteurs, je tiens ici à sincèrement vous remercier vous les Raffutins* vous l’avez fait : votre rêve, vous l’avez réalisé et vous nous l’avez fait partager.

MERCI LE RAFFUT !!

Et plein de bon vent pour la suite !!!!

Anne-Louise
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20 juil. 2010

Transat retour par Fabrice

Chers lecteurs de ce blog,

C’est avec grand plaisir que je vous propose en flash-back, histoire de publier des trucs quand même, un incroyable récit de Transat en mode « same same but different » par rapport à ce que vous savez déjà… à savoir, rien, ou presque… Mais laissez moi commencer par le commencement…

Il y a à peu près un an (oui, ça devait être en Mai 2009 si mes souvenirs sont bons), une équipe de quelques joyeux drilles s’était mise en tête de traverser la Manche en un week-end prolongé, mais a lamentablement échoué… 2 fois : c’est ce qui restera gravé dans les anales comme « LE » Brighton-Fécamp (NDLR : contraction de Brighton UK, ville prévue d’arrivée et de Fécamp Normandie, ville réelle d’arrivée.)
Ce texte ne raconte pas leur histoire… enfin pas tout à fait.
Oui, pas tout à fait car c’est une partie de cette équipe qui avait décidé de remettre ça pour une tournée de 1 an avec le Raffut. Si vous n’en avez pas entendu parler avant, c’est normal, on vous l’a caché… par honte, peut-être, enfin, on ne sait plus trop.
Bon, quoiqu’il en soit, cette fois, pour moi, jeune touriste débarqué de mon métro Parisien, pas question d’échouer. Ben ouais, ça la foutrait mal quand même !
En 2 mots, je me présente donc, Fabrice, le cousin d’Adrien (enfin, un des nombreux), présent sur cette première traversée dans laquelle nous avons lamentablement échoué et à la soirée de départ pour ceux qui y étaient (n° 24 dans la chenille). Ce récit, c’est ma version de notre transat retour (enjolivée, vue sous un autre angle, niant catégoriquement certains faits et ne démordant pas d’autres affirmations compromettantes).
Je disais donc, pas question cette fois ci de ne pas réussir. Les auspices sont bons : le volcan Islandais ne m’a causé que 2 heures de retard, tout est prêt, cette fois-ci c’est bon ! Le fromage a survécu, pas de bagage perdu, c’est parti ! Arrivée Gare Maritime de Marigot (trop heureux pour négocier le taux de change 1€ = 1$ pratiqué par les taxis), c’est un cousin … euh… barbu mais reconnaissable qui m’accueille. Le Raffût a des soucis de vanne, et il est encore au chantier. Borf, pas bien grave, marchons un peu. Nous sommes Samedi soir, et apparemment le Vendredi soir fut très très difficile à digérer (une soirée côté Hollandais de l’île).
Dimanche, réveil à 6h, trop motivé pour aller courir, je réveille Adrien pendant que les autres m’envoient gentiment paître. 6h12, arrivée en haut du fort… 6h30… je pleure, trop chaud… 6h55… de l’eau, par pitié… 7h15 : retour au Raffût. Bon, on va y aller plus mollo les prochains jours…
Marigot, son fort, son port, sa légendaire « Flibuste » (LE bar), les ships côté Hollandais, les derniers préparatifs, la dernière bière, la dernière gueule de bois, et Mercredi 12 Mai, départ de la transat retour, au près ! On devrait en avoir pour 4 jours, puis pétole et du portant.
Je me vois obligé d’ouvrir une petite parenthèse sur le près (prononcer « pré », à la mode du Raffût).
Le près, c’est quand on remonte au vent. C’est marrant, il y a de la gîte, des vagues, le vent et les embruns dans le visage, une sensation de vitesse, c’est grisant. Oui, mais…
La nuit, c’est froid, on est mouillé tout le temps, on se prend des douches, le bateau est trempé même à l’intérieur, on se cogne, ça gîte encore, pas moyen de faire la cuisine non de non, on se recogne, pas moyen de dormir vu que ça secoue dans tous les sens, bref, le près, ce n’est drôle que les 24 premières heures… Ah oui, et le près, même si aucun de nous ne s’abaissera à l’avouer, ça « favorise » le mal de mer.
Donc, on part. Les vents devraient être favorables, nous permettant de nous faufiler entre les ondes tropicales, sans trop avancer au moteur, on s’amarine, on y croit, on est gonflés à bloc. Le plein de magazines est fait, on a de quoi tenir. Oui mais voilà… 2e jour. Nous venons de finir le quiz FHM du mois sur « Quel séducteur êtes vous ? » (Pour les réponses, voir à la fin de l’article), quand soudain, gros bruit, grosse vibration. Il est 17h et l’étai avant (qui tient le mât) vient de lâcher, arrachant du même coup l’enrouleur du Gênois pour finir dans les filières. C’est la cata, on affale, on fait demi-tour…
Bon… Un petit air de déjà vu… Brighton nous poursuit…
15 Mai, 4h du Mat, arrivée à Marigot au moteur. Tout est fermé jusqu’à Lundi, pas de réparations possibles d’ici là… Borf, pas grave, du moment que la Flibuste est ouverte. Week-end culturel à base de Multiplex Football sur Canal + (Julien est apparemment un habitué du bar), de parties de cartes, et de buvage de bières.
Lundi, c’est la journée des miracles ! On a tout fait, tout quasiment dans la journée. Crapahuté en haut du mât pour décrocher et raccrocher l’étai (14 m, c’est haut en fait), réparation de qualité, oui monsieur, pour moins de 20€ de l’enrouleur, les voiles, raccrocher et redécrocher le tout et reraccrocher le tout, ouf, ça devrait être bon ! On a tous bien mérité la Flibuste ce soir là !
Mardi 18 Mai : Second départ. Météo très favorable (mouais, à voir). Même scénario : 3 ou 4 jours au près, puis du portant.
Vendredi 21 Mai : (je recopie texto le livre de bord pour cette partie) « Les coussins, les fringues, tout chope la maladie du ça pue. J’en déduis : le près, c’est bien, mais c’est encore mieux quand ça s’arrête » Un membre d’équipage, quart de 22h30. NB : on est toujours au près, ça mouille.
Petite parenthèse sur « la maladie ». Au près, le bateau prend l’eau, l’eau goutte de partout, des hublots, du toit, du sol, dans les coussins, les habits. Bref, tout est trempé, et… ça a une fâcheuse tendance a sentir … appelons cette odeur, « la Maladie ». La Maladie ne se soigne que par la laverie. Mais en mer, des traitements palliatifs permettant de retarder l’inexorable, voire de retrouver un semblant de vie existent, notamment le séchage de coussin, et le lavage des habits à la main (pour peu qu’ils veuillent bien sécher après !). Sauf qu’au près, ces traitements ne peuvent être convenablement appliqués, et ça devient vite infernal ! On en vient à prier pour pétole (absence de vent, normalement pas top)…
Mais là où ça devient réellement gênant, c’est quand l’eau potable, allez savoir comment, chope la maladie et devient sérieusement impropre à la consommation. On s’en fout, on la boit quand même, faut économiser… certes, mais on a beau être des beaux gosses (voir le film pour ceux qui ne connaissent pas), une eau goûtue au point de sentir un mélange de pneu, de pourri, d’eau noire du port, de sel, et de vieux, mais vraiment surtout de pneu, on s’en lasse jusqu’à risquer la mutinerie ! Heureusement, notre vaillant skipper a eu la bonne idée de mettre l’eau sale en quarantaine après qu’un membre d’équipage atteint de folie passagère a décidé de balancer l’une de ces bouteilles à la mer d’un geste d’une rare violence que nous ne décrirons pas ici par respect pour ce membre (moi en l’occurrence)…

Mardi 25 Mai : miracle !!!!! « le vent se calme, la mer aussi… putain que c’est bon. Par contre, c’est toujours le près. » Notre Skipper, Adrien dans le livre de bord.
Du coup, on fait péter le confit de canard et le foie gras pour fêter ça ! Bien mal nous en a prit ! Les plus chanceux ont mis 48 h à digérer - nos pauvres estomacs déshabitués ! Ah oui, et Saint-Emilion, Grand Cru classé 2002. Il était temps ! On est quasi au milieu de l’Atlantique, et on a fait que du près ! D’ailleurs Manu ne s’en est pas remis du tout, et sous couvert d’une angine, il sèche ses quarts !
Ca me fait penser que je n’ai pas abordé les quarts ! Chaque nuit, par tranches de 2h (2h30 maintenant que Manu est malade), un membre d’équipage est responsable du bateau et de la bonne marche.
En pratique ? On est harnaché en ciré, en train de se geler, se prendre des douches, regarder les étoiles, et réfléchir à tous les trucs improbables qu’on n’a jamais pris le temps de considérer. Les quarts 2 et 3 (de 11h30 à 3h30) étant les pires, un roulement est envisagé à base de 1,4,2,5,3. Oui, pareil, nous non plus on n’y a rien compris, mais on s’est débrouillé quand même.
Entre deux parties de Blitzkrieg (jeu de l’année 2011, inventé sur le bateau à base de raisins secs et autres boulons pour faire les pions, brevet pas encore déposé donc on ne vous donnera pas encore les règles), lecture pépère, baignade (une fois pour le style, pour pouvoir dire j’ai nagé au milieu de l’Atlantique avec 5000m de fond), et autres activités hautement culturelles à base de sieste, de regardage de Dikkenek (film de l’année 2006 – perso vu 2,7 fois pendant la transat), on continue à avancer avec de temps en temps un Supertanker au large, qui malgré les supplications d’Adrien à la VHF ne nous lâchent pas une seule caisse de bières à la mer.
Oui mais voilà, un beau matin, c’est la claque…Boum !
Je ne vais pas re-rentrer dans les détails hautement techniques de l’accident, mais plus dans la façon de vivre ça de l’intérieur. Ben oui, le poissard, c’était moi ! Ils me l’avaient bien dit d’ailleurs, y a que avec moi que ça merde (Brighton-Fécamp, l’étai au bout de 1,5 jours, les 10 jours au « pré »), bref, il s’en est fallu de peu que je ne finisse avec une ancre autour du coup au fond de l’océan. C’est parait-il ce qu’on faisait au « malin » sur le bateau il y a deux siècles de ça, celui qui portait la guigne. Vive le progrès donc en ce qui me concerne.
Fatigué par une manœuvre matinale qui nous a saucés un max, je suis au taquet (le vrai, pas l’expression, le truc où on bloque les cordages) et … paf donc… D’après les mémoires d’Oliv qui venait de se réveiller (mémoires publiées ultérieurement), j’aurais littéralement volé.
J’émerge donc couché dans le cockpit, sans savoir qui ni où je suis, les oreilles bourdonnantes comme dans le Soldat Ryan. Des gens me parlent, mais je ne comprends rien, je n’entends qu’un bourdonnement. Je tourne les yeux, et vois le regard terrorisé de Julien. Entre temps, Adrien s’est jeté sur moi pour me faire me semble-t-il un point de compression au niveau du crâne. Merde, il a du sang plein les bras et me demande si ça va… Re merde, c’est sûrement un empannage. Quelle tronche peu bien avoir mon crâne ?
Maxi merde, on est au milieu de l’Atlantique, et le prochain hôpital est à 7 jours de mer au moins… Ca y est, j’ai le crâne explosé, comment vais-je m’en sortir ? Et une douleur sourde se réveille dans mon bras… Reremerde ! En deux temps trois mouvements, Adri m’a fait une compresse à l’aide d’un petit bout et d’un morceau de tissu, me regarde en souriant et me dit que ce n’est pas profond… Bon, faut quand même vérifier que je n’ai pas le bras cassé. Prêt à enlever le ciré de ma manche ? Euh… moyen en fait. Je ne sens plus mes bras là. Mon poignet droit est bleu, mais pas de fracture ouverte, ni de bras cassé… Oufffffffffff !
Adri commence à être trop heureux d’avoir l’opportunité de me recoudre (merci cousin !), et moi, excessivement content d’être vivant ! Vraiment, c’est un sentiment incroyable. Bon, je ne vous conseille pas pour autant d’essayer, mais la grosse banane en guise de sourire sur la photo où on me rase avant de me suturer, ce n’est pas du chiqué !
Bon, ça va certes me faire une blessure de guerre près du front, mais au moins ça me donnera une histoire à raconter. S’il n’y a pas de trauma crânien, et que mon poignet se remet correctement, on pourra tous en rire autour d’une excellente bière à Horta ou Flores. Et c’est ce qu’on a fait d’ailleurs, à Horta ET Flores.
Mis-à part le pire quart de ma vie en vent arrière multiples empannages et retours de Gênois notre dernière nuit de traversée (mon accident ne m’a valu que 2 jours pépères d’arrêt maladie), la fin de notre Transat est plutôt sympathique, agrémentée de Dauphins, de chasse à la méduse flottante rose fluo (non, nous n’avions pas de substances illicites à bord, je confirme), de gros creux de 6m et de déferlantes que nous regardons à présent avec dédain. Il fait froid, mais nos réserves de rhum ont tenues et un beau jour :
TERRE !!!!!!!!!!
Enfin, gros nuages symbolisants la terre.
On sort les baffles, fait péter une énorme BO de Gladiator, Oliv nous sort les blagues mythiques de Melon et Melèche (par respect pour les enfants qui lisent ce blog, je vous les épargnerai), Ju continue de délirer tout comme moi sur les phrases mythiques elles aussi de Dikkenek (vous ne pourriez pas comprendre – d’ailleurs, personne en dehors du bateau n’a compris), Manu sort la bouteille de Pastis et Adri éclate un énorme cigare cubain…
C’est la fin, on est arrivé, après une courte traversée de 17jours, on arrive, les femmes, la bière, la … !
La suite étant une autre histoire, je la laisse à ceux qui l’ont par ailleurs déjà racontée, étant moins flemmards que moi lorsqu’il s’agit d’écrire.

Je cherche le mot de la fin, la phrase qui sonnerait juste, qui expliquerait en deux mots tous les creux de mon récit, qui justifierait le fait que nous n’ayons pas attrapé un seul poisson et nous soyons nourris de thon et de sardines en boîte, qui vous communiquerait le goût sans égal du riz-ketchup à la mode Raffût, et des pâtes-sauce tomate rouillée – sardines Transat… Les douches rares et douloureuses à coups de seau d’eau de mer froide et salée, la douce odeur de la maladie (ah non, ça je l’ai fait), les parties de belotte et de skat (belote allemande), voire même de trouduc enfiévrées, et pourquoi Ju arrive-t-il toujours à finir à -400, la vaisselle à la lampe frontale, la cuisine harnachée au pré, notre unique et désastreuse tentative de sortir la grande voile de spi, toutes ces petites choses qui font d’une transat ce qu’elle est, qu’on en bave, qu’on en rigole, qu’on n’en peut plus, qu’on voudrait que ça dure encore et toujours, des blagues grasses de marin, que cet équipage est formidable et qu’il me manque…

Si vous avez eu la chance de naviguer à bord du Raffût, si cette bonne ambiance contagieuse vous a pris au cœur, si le souvenir des Toasta Mistas vous allèche, alors vous aussi vous devez comprendre…

Fabrice, en direct de Paris…
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Açores, suite et fin


Ces trente derniers jours, le Raffût aura vécu au rythme des allers et venus de ses invités. Car entre mi-juin et mi-juillet, on en a vu du monde.
La dernière quinzaine de juin, ce sont Joanna, Yann et Chloé, cousins d’Adri, qui sont venus nous rendre visite. Quand les deux premiers venaient pour 2 semaines atterrissant à Punta Delgada, la troisième venait pour une semaine à Terceira.
La première quinzaine de juillet, ce sont JB le frère de Manu et Bouly qui ont pris le relais. Et quand l’un venait pour 2 semaines de Punta Delgada, l’autre venait pour une semaine d’Horta… Au même moment, les parents d’Adri sont venus lui rendre visite alternant entre ballades sur le Raffût et visites d’îles via ferry. Et comme en plus de ça, nous devions jongler avec le calendrier de la coupe du monde, vous l’aurez compris cela demandait une certaine organisation, qui de fait, aura rythmé la fin de notre périple aux Açores.

Comme pratiquement aucun d’entre eux n’a fait le même parcours durant son séjour, vous les raconter dans le détail, déjà je ne m’en rappelle plus, et puis ce serait bien long. Mais si les endroits fréquentés par nos invités ont été différents, leurs occupations, elles, ont bien été communes.
Alors sans préambule, en bref et dans le désordre, un petit condensé des principales activités du Raffût aux Açores.

Le fil rouge ? Le mondial.
Les tristes prestations des bleus ne nous ont pas empêchées de suivre l’essentiel de l’épreuve dans les bars des ports fréquentés dont nous connaissons maintenant les moindres recoins. Là aussi, qu’on aime le foot ou qu’on ne l’aime pas, les conditions de visionnage étaient communes à tous : Sagres ou Superbock en pression et Toasta Mista (croque monsieur local). La formule est gagnante à coup sûr, elle.

L’attraction ? Les dauphins.
Mis à part Bouly et ses deux fois 45 minutes de mer en une semaine, tous nos squatteurs ont eu le privilège de voir des dauphins venir jouer avec le bateau et nous gratifier de quelques pirouettes. Toujours sympa.

Le leitmotiv ? Faire la fête
Durant notre séjour aux Açores, nous aurons eu droit à un nombre impressionnant de festivités locales. Comme on n’est pas du genre à faire les difficiles, on les a testées. Etre au bon endroit au bon moment ce n’est pas toujours évident, mais quand on y est, en général, on n’est pas déçu, l’ambiance est garantie et les prix défient toute concurrence.

La question ? Mais où sont passés les 20-30 ans ?
A priori au Portugal ou Etats-Unis pour faire leur étude ou pour travailler. Cette tranche d’âge est effectivement très peu représentée dans l’archipel. Etonnant.

Les activités ? Du tourisme
Quand nous n’étions pas en train de faire un foot ou d’en regarder, nous louions des voitures pour faire les attractions touristiques. Lors des deux précédents articles, nous vous avions déjà venté la beauté des îles des Açores. Je ne m’y attarderais donc pas et conclurais sur ce point en disant que sa végétation, ses reliefs, ses lacs, et ses paysages en font sans aucun doute l’un des plus beaux endroits sinon le plus beau de ce que nous avons pu découvrir depuis le départ.

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, un jour il faut partir. Et ce jour c’est aujourd’hui. Nous sommes le mardi 20 juillet, il est 17h locales. Anne, la sœur d’Adri nous rejoint ce soir et nous partons dans la foulée direction Cadiz. 1000 miles séparent cette ville à l’ouest de Gibraltar de Punta Delgada ou nous nous trouvons en ce moment. Nous estimons la durée de la traversée à une huitaine de jours avec à priori avec du vent plutôt de face.

A bientôt, Julien.
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3 juil. 2010

Laura, Pippo et Barn visitent le Raffût.

Les gars nous ont demandé d’écrire un truc au sujet de notre séjour sur le Raffût, alors voilà, un truc.
Permettez-moi de commencer par la fin, c’est plus logique.

Nous sommes repartis des Açores un lundi matin, tôt, encore tout ensommeillés après un séjour intense en émotions. Le départ aux aurores aura finalement été la bonne solution : la tête encore dans le brouillard, au radar, les jambes nous portent vers l’aéroport de Ponta Delgada. Le cœur, s’il avait été bien éveillé, nous aurait dicté de rester.

On avait imaginé des conditions de vie difficiles, nous avons trouvé le bien-être. On avait osé penser qu’ils mangeaient mal, notre séjour aura presque été gastronomique. Manu et Adrien devraient, plutôt que de devenir rugbyman professionnel pour l’un et expert comptable pour l’autre, ouvrir un restaurant aux Açores, avec une spécialité de « riz Raffût ». Et pour les grosses faims post-transatlantiques, de la « ressuce » à vau-l’eau !

Je déforme un peu la vérité, évidemment. Vous avez pu lire dans les pages précédentes que leur périple a eu son lot de difficultés. La transat retour, même si elle laissera sûrement les plus belles traces à ses valeureux marins, aura été un calvaire.

Après l’effort, le réconfort : les Açores sont un paradis. On ne voudrait pas que trop de touristes viennent nous faire concurrence, donc surtout, n’en parlez pas trop autour de vous. Mais il y a des baleines (les gars, si vous arrivez à voler quelques photos aux touristes qui en ont vraiment vu…), des dauphins (les gars, si vous… ah non, çà on en a vraiment vu), et des oiseaux qui ressemblent à des canards mais font des bruits étranges, un peu l’équivalent d’une hyène, mais avec un bec et des ailes.

Le paradis, parce que ces îles sont au beau milieu de l’Atlantique, et il y pleut beaucoup -sauf aux mois de juin et juillet-, et donc elles possèdent une végétation luxuriante. Des hortensias géants, à faire pâlir un jardinier du continent, des bananiers et des palmiers en bas, des sapins et des plantes bizarres en haut. On passe du niveau de la mer à 1000m d’altitude le temps d’une chanson de Joe Dassin en voiture, sans bien sûr compter les arrêts « waaah la vue de ouf, truc de ouf, laisseu tomber » nécessaires à chaque virage.

Aux sommets, des cratères volcaniques, avec pour certains des lacs dedans. Pas d’accès, pas de maison, rien, juste de la pure nature, et l’azur de la mer en toile de fond. Pas banal tout çà.

Sur terre, l’emploi du temps s’est équilibré entre matchs de coupe du monde accompagnés de tosta mista et de bière, sport pour de vrai (foot, course à pied), ascension des volcans et visite des petites villes.

Le 16 juin, nous avons fêté l’anniversaire d’Oliv comme il se doit, avec un festin de tapas en tous genres, un magnum de Graves, et des cadeaux : les deux meilleurs livres du monde, de la cryptonite des Açores, et des bandeaux pour les cheveux, car Olivier a maintenant les cheveux longs et blonds. Sans rire !

Les traversées inter îles auront été des plus tranquilles et nous avons pu nous essayer au souquage d’artibuses et à l’écartage de sloop. Le vocabulaire de la voile offre des opportunités de jeux de mots en or, et neuf mois à bord ne semblent pas avoir lassé les gars. Nous avons pris des ris, pour relever l’assiette, et passer au largue au winch.

Le jour, l’océan qui scintille, la chaleur du soleil atténuée par la brise marine. Les îles s’aplatissent jusqu’à disparaître dans l’horizon, nous sommes seuls au milieu de l’océan, avec les oiseaux et les dauphins.
La nuit, les étoiles font leur apparition, nous repérons les constellations de l’ours, du dragon, du scorpion, et la plus belle d’entre elles, le cygne, s’envolant au milieu de la voie lactée.
Comme on dit chez nous : du lourd. Du très, très lourd, même.

Perchés sur les volcans, les guetteurs de baleines qui envoyaient autrefois les baleiniers faire leur office se sont reconvertis en mouchards pour zodiacs à touristes. On a pensé essayer de capter leur fréquence pour se lancer à la poursuite des cétacés, mais on s’est dit que la rencontre avec une baleine valait bien la peine d’être fortuite plutôt que provoquée, quitte à attendre et risquer de ne pas en voir du tout.

Bonne chance au Raffût, aux gars, et aux bienheureux qui y séjournent, les baleines finiront bien par montrer le bout de leur queue.

Barn
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26 juin 2010

Açores : première


« Waaaaah !! Trop stylée l’île !» sont probablement les premières paroles des premiers colons portugais arrivés à Flores en 1452. A un ou deux mots près. En tous cas, nous, c’est ce qu’on s’est dit. Et 17 jours de mer n’ont pas amplifié notre impression. Car la splendeur de ce morceau de terre perdu à l’ouest de l’archipel des Açores et prenante. Voire même surprenante. Un micro climat semi-tropical et une terre volcanique ont permis à une verdure aussi riche que diversifiée de s’épanouir sans complexe.

Hortensias à gogo, gazon anglais sauvage, sapins dont je ne connais pas le nom (ceux qui ressemblent à des faux), palmiers et bambous en veux-tu en voilà, platanes au bord des routes toutes neuves, comme chez nous dans les années 70, et une multitude de petites fleurs qui feraient très jolies dans une jardinière sur un balcon de la mairie. Serpentant entre tout cela, les ruisseaux frétillant, qui sautent du haut des rochers pour faire des cascades comme Belmondo, qui retournent sous terre, s’infiltrent partout et ressortent nulle part pour se diriger inexorablement vers l’océan. C’est beau, ça mouille, c’est vivifiant et froid. En effet, une des sorties possibles de cette eau se situe dans les douches du bloc sanitaire. Autant aux Caraïbes une douche froide quand il fait 35°C passe, autant quand il fait 19°C avec du crachin (un peu comme en Bretagne une belle journée d’été), une bonne préparation mentale s’impose. Mais ne nous plaignons pas, je sens que vous n’aimez pas ça. Mais pourtant ce n’était vraiment pas chaud !

La première balade (oui, nous faisons des balades entre copains) tire sur les pattes comme dirait une mouche entre les doigts d’un enfant sadique. La distance moyenne parcourue en une journée sur le bateau se situant autour de 20 mètres, une petite balade de 6 bornes correspond à environ 300 fois plus d’activité pédestre. A rendre jaloux les meilleurs circumarcheurs du marché. Avoir les jambes en coton prend alors tout son sens. Mais en vrais sportifs polyvalents, l’épreuve est aisément franchie.

Nos forces retrouvées, nous louons une voiture, certifiée écologique greenspi (16V essence de 1990), pour une autre balade autour de l’île en 80km et nous rendre aux lacs dans les cratères. Sur les dépliants, ça fait comme quand on met la sauce du poulet dans le cratère de la purée. En vrai, il y avait tellement de brouillard qu’on aurait pas vu un poulet traverser dans cette purée de pois. Mais à force de détermination, et de meilleurs conditions météorologiques, nous avons pu admirer un de ces havres de paix posé ici depuis les temps les plus reculés (certains avance même la date de 1910 !). L’étendue d’eau est majestueuse, calme et vive à la fois, entourée de sapins (les vrais cette fois) et de roseaux, et alimentée par les cascades aux quatre coins qu’elle n’a pas. On dirait une pub pour de l’eau minérale. D’ailleurs une bouteille en plastique vide traîne pas très loin. Et oui, même ici…

Nous quittons Flores après quatre jours de communion avec la nature et la buvette du mouillage, direction Horta, sur l’île de Faial, point d’arrivée principal des transateux, où viennent nous retrouver François dit le Barn, Philippe dit Pippo et Laura dit … la sœur de Jul, trois jours plus tard et où Fabrice nous quittera marqué à vie par cette aventure.

Le port est blindé comme la Brinks. Les bateaux sont à couple jusqu’à quatre sur les quais. C’est pire qu’au péage de St Arnoult un retour de weekend de 15 août. On retrouve certains bateaux vus de l’autre coté de l’Atlantique, et on se la compare (la traversée) : « nous on a mis 17 jours » « oui mais nous on a pas eu de vent pendant 4 jours » « nous on a essuyé un coup de vent » « nous on a essuyé la table » « nous c’était mieux » etc … C’est comme dans une cour de primaire à la récréation, sauf qu’à la cantine c’est pintes de bière et entrecôtes/ frites. Nous passons obligatoirement par le bar mondialement connu (enfin surtout des gens qui font du bateau et même nous on ne le connaissait pas) le « Café Sport » de Peter qui a nourrit (en solide et surtout en liquide) les plus grands navigateurs , de Tabarly à l’équipage du Raffût, en passant par une multitude d’autres mondialement connus eux aussi. C’est bon enfant et ça fait plaisir.

Enfin, bateau nettoyé et rafistolé, de même que l’équipage(les douches sont chaudes !!! mais coûtent 2 euros…), nous assisterons au futur fiasco des Bleus (ceux du foot, pas de la police) et profiterons de la fête de l’agriculture avec des vaches, des tracteurs, de la musique et un sculpteur sur bois à la tronçonneuse ! en attendant les amis qui arrivent le lendemain matin. Et qui arriveront bien tôt d’ailleurs !
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12 juin 2010

LE RAFFUT EST A VENDRE...

Robuste Gin Fizz ketch de 37 pieds, marin et facile à manier. Le Raffut souhaiterait passer le moins de temps possible à sec et cherche un repreneur.

Revenant prochainement d'une boucle Atlantique d'un an, il est tout équipé et ne demande qu'à repartir. 

Visible dans les Bouches du Rhône à partir du 15 aout 2010, date de son retour en France...

Pour en savoir +, cliquez ICI !
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8 juin 2010

Récit de la transat retour par Adrien


1er départ le mercredi 12 mai, les cales sont pleines, les réparations finies. Fabrice a pris ses marques à bord, les vents annoncés ne sont pas très favorables et assez fort : 20 nœuds d’est pendant 3 jours. Après 30 heures de près, avec une houle assez forte, l’étai (le câble qui relie l’avant du bateau au haut du mat, entouré d’un tube qui tient la voile d’avant) se détache à l’avant emporté par la voile. En moins de dix minutes le génois est affalé, on place l’étai largable pour soulager le mat et on remet l’étai attaché par des cordes à l’avant. Le génois est un peu abimé, on le portera chez un voilier plus tard. On décide de rentrer au moteur pour éviter de trop tirer sur le mat. En conclusion on s’est dit assez chanceux que cela nous arrive après 150 miles et pas au milieu de l’Atlantique. On arrive donc le lendemain, samedi, à 4h du matin à Marigo (Saint Martin). Lever 4 heures après pour faire le maximum de chose pendant la journée. Grace à notre ami Alain (un vieux de la vieille de la voile), qui nous guide pour les réparations, le tube est réparé lundi (17 mai) et le bateau est prêt à partir. On profite de la matinée du lendemain pour tout finaliser et on part pour de bon le mardi 18 mai à 14H30. Les vents sont un peu plus favorables : moins forts et mieux orientés (Est-sud-est).
1,2,3,4 jours de près, c’était prévu et on s’attendait à cela. Le bateau est humide, on ne peut pas faire sécher les affaires, ça bouge et on dort mal. En plus notre cap (25-30°) n’est pas motivant, on devrait faire du 45°pour arriver aux Açores. A cette allure on peut espérer arriver à Terre-Neuve dans dix jours…
5,6,7ème jours de près encore, et ce n’était pas prévu, du coup ça commence à être pesant et le moral est bas. On s’imagine déjà aux Açores entrain de déguster une entrecôte frite. Le lundi 24 le vent tourne un peu et on avance, pour la 1ère fois depuis le début, tout droit vers notre destination, par contre c’est toujours du près.
8ème jours, mardi 25, le vent et la mer se calme, on est toujours au près. On en profite pour faire sécher les affaires, aérer le bateau et pour faire un bon repas le soir : foie gras, confit de canard pommes de terre et une bouteille de bon vin. Ca fait énormément de bien au moral.
9ème, 10ème et 11ème jours, le vent est portant c’est vraiment agréable, il fait beau, on se douche, on se baigne, on continue à faire sécher les affaires. Petite surprise : une tortue de mer vient nous dire bonjour. On réalise même nos premières prévisions météo personnelles : baisse du baromètre de 1026 à 1015 hectopascal en 24h, ce n’est pas énorme mais assez pour annoncer une dépression. On remarquera aussi tous les signes distinctifs : passage du front chaud, puis du front froid, ainsi que les vents Ouest-Nord-Ouest puis Ouest-Sud-Ouest. Ca souffle, à 20-25 nœud mais on du coup on avance vite, 150 miles par jour.
12ème et 13ème jours, (29-30 mai). Un gros système nuageux passe sur nous. Le vent est variable mais pas trop fort, entre 5 et 15 nœuds. On touche à peu près toutes les allures, en passant du près au vent arrière en un rien de temps. Il fait très humide, il pleut et la visibilité est très réduite. On passe une bonne partie du temps à l’intérieur, le bateau étant réglé pour marcher tout seul.
14ème jours, je me réveille et je vais faire une manœuvre à l’avant avec Fabrice : replacer la corde de l’enrouleur sur le tambour du génois. On est un près et le vent souffle à 15-20 nœuds. Tout se passe bien. On revient dans le cockpit, je reste juste au dessus pour repartir éventuellement à l’avant, Fabrice règle l’enrouleur. D’un coup nous empannons, en moins d’un quart de seconde Fabrice est éjecté très violement par l’écoute de la GV dans le cockpit. En moins d’une seconde je me retrouve sur lui en demandant à julien, à la barre, de gérer le bateau et d’enrouler le génois. Fabrice est par terre, à moitié évanoui avec du sang sur la tête. Mon 1er reflexe est de regarder l’état de son crane. « Bonne nouvelle », la blessure n’a pas l’air grave mais reste importante : une ouverture d’1,5 cm sur 4 mm de profondeur en juste au dessus du front. Je mets le doigt dessus, le sang ne semble plus couler et Fabrice reprend doucement conscience et me dit qu’il a très mal au bras droit. Il a l’air sonné mais pas en danger. J’examine son bras, il ‘y a pas de fracture ouverte mais son poignet commence déjà à tourner au bleu. Manu et Oliv à l’intérieur préparent la trousse à pharmacie. Je détache Fabrice qui avait encore son harnais et on le rentre. Tout cela s’est passé en 2 ou 3 minutes. La mer est assez hachée, la houle vient de tous les sens. On reste dehors avec Julien pour gérer le bateau tandis que les autres soignent Fabrice.
En conclusion, plus (beaucoup plus) de peur que de mal. On décide de mettre des steri strip sur la blessure au crane. Des points de sutures auraient surement été plus adaptés mais il est impossible de faire quoi que ce soit avec la houle, et en fin de compte cela a très bien tenu. Son poigné ne semble pas cassé et il se tartine d’Ernica. Aussi dans la bataille on aura perdu notre tangon (comment ? aucune idée).
Comme pour nous soulager, le beau temps réapparait en début d’après-midi, après 3 jours couverts. On sèche tout, on prend le soleil, on se lave. La mer et le vent sont calmes, 2 ou 3 groupes de dauphins passent à coté du Raffut. On ouvre 2 bouteilles de vins et les 2 autres boites de magret de canard pour « fêter » le retour au calme et oublier la frayeur de ce matin.
Mardi 1er juin, 15ème jours, le temps est encore super agréable, vent arrière de 15-20 nœuds, un peu de houle mais on est au portant et on ne la sent pas. On en profite pour s’occuper du bateau : réparation de la BLU, couture sur la capote de protection et le lazybag, plein d’essence, lessives, douches… Le vent forcit en fin d’après midi, contrairement à la température que faiblit fortement, et on commence vraiment à avoir froid.
16ème jours, 150 miles, on avance vite. Le vent est toujours portant avec une composante nord, on avance au grand largue à 6-7 nœuds. En fin de matinée la houle se lève avec des creux de 3-4 mètres et le vent forcit un peu. Vers midi la houle forcit encore et on voit apparaitre des creux de 5-6 mètres. On prépare le bateau, on enroule le genois, on met le foc No3 (équivalent à un tourmentin) sur l’étai largable. Une heure après la mer est très forte (vagues de 5-6 mètre) et le vent passe à 35 nœuds, c’est impressionnant de voir ces montagnes d’eaux se déplacer. Le bateau se comporte bien, on avance à 6-7 nœuds avec le foc No3 et la GV réduite au maximum. L’intérieur est préparé et du riz est mis à cuire pour le soir, au cas ou. Des déferlantes passent à coté du bateau et une manque de nous surprendre mais jul à la barre anticipe et on la prend de face : une bonne quantité d’eau rentre dans le bateau mais nous sommes bien attachés et le Raffut complètement fermé. Je décide de rentrer et de me préparer au cas ou cela empirerait. Pantalon, tee-shirt, polo, polaire, bote, ciré complet, gants. Je sors, julien, toujours à la barre m’annonce que le vent s’est très légèrement calmé, la houle aussi. En effet après 2 heures on repasse à 20-25 nœuds de vent avec une mer qui n’est plus dangereuse. Cela n’aura pas duré longtemps, juste de le temps de nous montrer ce qu’est un coup de vent en atlantique : c’est impressionnant. Bizarrement on s’est tous rappelé que certains bateaux affrontent cela seul à bord, ou pire à deux avec l’un ou l’autre avec le mal de mer… et souvent ils n’ont pas notre âge. Le coup de vent terminé on avance tranquillement mais la houle et le froid nous font passer une très mauvaise nuit.
17ème jours, jeudi 3, le vent est toujours présent, on avance vite. Il nous manque 170 miles pour atteindre Flores, l’ile la plus à l’ouest des Açores. On espère arriver le lendemain avant la nuit. La grande question est : y-a-t-il une marina sur l’île ? Ou plutôt pourra t on se poser tranquillement au port, se doucher, dormir tranquillement… d’après le guide, qui date de 2003, il y a un projet de marina en cours mais rien de construit encore. Ce sera la surprise. Le vent tourne et on se retrouve vent arrière en début d’après midi, les voiles en ciseaux. On reste vigilant, on se rappelle du coup de vent d’hier… le vent et la houle forcissent mais le bateau tient bien, on avance vite, 6-7 nœuds. Le vent continu à forcir doucement, à partir du 2ème quart, sous l’effet de la houle, le bateau est difficilement tenable en vent arrière et le barrer devient très très sportif, et le bruit des multiples empannages nous empêche de dormir. A 4h, alors que le vent souffle à 25 nœuds on décide d’affaler la grand voile et de marcher sous génois seul. C’était le bon choix, on est aussi rapide et le bateau tient beaucoup mieux. On aurait du s’en occuper avant ! C’était le quart le plus dur pour Fabrice et Olivier. Comme quoi, même à 100 miles de l’arrivée, il faut toujours être vigilant.

Nous arrivons le 4 juin vers 18h à Flores, les côtes sont magnifiques : des grandes falaises de plusieurs centaines de mètre, très vertes avec des multiples cascades. On arrive au mouillage, sans marina, on gonfle l’annexe, on se jette sur le premier Bar-Restaurant…
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11 mai 2010

Saint Martin


Ça y est, demain nous partons pour la transat retour jusqu’aux Açores. Voici un aperçu de nos aventures sur ce petit bout de France qu’est St Martin.

Pour commencer, l’île est séparée en deux, une partie française et une partie néerlandaise. Dans la partie française et sa capitale Marigot (où nous sommes en ce moment) on retrouve le charme d’une station balnéaire française. L’ambiance y est détendue, les rues pleines de boutiques de marque (on ne paye pas de taxes ici), on y croise la gendarmerie nationale et des 206. On paye en euros, on trouve des boulangeries et même une maison de la presse. Du côté néerlandais, qui n’a de batave que le nom, on paye en dollars US, on parle anglais et on y trouve les casinos, boîtes de nuit et les gigantesques hôtels de luxe que renferme l’île.

C’est une grande base pour la plaisance antillaise, le grand lagon fermé à l’intérieur de l’île pouvant accueillir plusieurs milliers de bateaux, on y trouve des magasins d’accastillage grands comme des supermarchés, des voileries, des chantiers… bref l’idéal pour faire des travaux avant une transat, ça tombe bien !

Nous passons donc quelques jours à profiter des joies de la France, surtout culinaires : ici on trouve du pâté, du fromage et du vrai pain ! On prend les renseignements dont nous aurons besoins en vue des travaux et on récupère Olivier J. qui nous avait quitté quelques semaines plus tôt. On profite d’être dans le coin pour aller faire un tour à l’île voisine de St Barthélémy (française aussi) et se mettre au vert dans de magnifiques mouillages, certainement nos derniers de la zone caraïbes, snif snif. L’île est très belle, un peu plus petite que sa voisine et au vu des résidences de vacances de luxe on ne s’étonne pas que ce soit un repaire de célébrités. Nous y passerons quelques jours avant de reprendre la route de St Martin. Cela nous permet de regarder en direct les demies finales de ligue des champions, d’aller assister à une magnifique parade de carnaval du coté hollandais, et enfin de commencer nos travaux.

Une fois le bateau sorti de l’eau, nous pouvons commencer. Au programme : carénage, changement de quelques vannes, nettoyage du réservoir de gasoil, pleins de bouffe et d’eau, révision des voiles ainsi que bricolage en tout genre. Une semaine plus tard le bateau est prêt à retourner dans l’eau. Et là c’est le drame : une des nouvelles vannes installées n’est pas étanche ! Un grutage plus tard voici de nouveau le Raffut à sec pour le week end, le temps manquant pour nous remettre à l’eau avant le vendredi soir. L’équipage ne se laisse cependant pas démonter et fête dignement ses 8 mois de vie commune.

Dans l’intervalle nous avons aussi accueilli Fabrice, notre nouveau mousse qui nous accompagnera jusqu’aux Açores. Nous avons maintenant devant nous entre 2000 et 2400 milles d’océan qui devraient nous prendre entre trois semaines et un mois. Les matelots sont contents de reprendre la mer ainsi que de quitter les Caraïbes pour aller rejoindre d’autres horizons et vous donnent rendez-vous à notre arrivée aux Açores pour un nouvel épisode.

Vous souhaitant un bon mois de mai

Bises

Manu
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24 avr. 2010

Les Iles Vierges


Les Iles Vierges, du 9 au 17 avril

Les Iles Vierges, surnommées les BVI, British Virgin Island, pour la partie anglaise, sont un groupement d’une dizaine d’iles tout au nord des Antilles, à l’est de Puerto Rico. C’est un vrai  petit paradis : des iles vallonnées, bordées de plages et parfois entourées de barrières de corail, une végétation luxuriante… Malheureusement les BVI sont victimes de leur succès et l’on y croise des dizaines / centaines de voiliers de location et les mouillages sont bondés, mais curieusement  le littoral et la mer sont assez bien préservés. Le point « positif » de cette surabondance de bateau est la profusion de voiliers/yacht de milliardaires, on a vu plusieurs 3 mats de plus de 90 pieds, des énormes catamarans (dont celui de Richard Branson), et des Yacht dignes de Paris Hilton… bref ça fait plaisir. Par contre comme le disait Julien à la fin de son dernier article, toute cette abondance de magnifiques bateaux ne nous permet toujours pas de passer pour les rois du mouillage et cela renforce encore plus notre image de clochards que nous avions oubliée depuis Los Roques…

Petite parenthèse sur 2 iles que nous avons particulièrement appréciées :

La plus belle ile que nous avons visitée est Virgin Gorda, vous pouvez voir les vues spectaculaires que nous avons du haut de cette ile, des lagons d’eaux turquoises entourés de corail… c’est aussi l’ile aux énormes rochers qui trainent sur les plages créant des grottes naturelles magnifiques.

Anegada, la plus sauvage, est l’île la plus au Nord des Antilles, avec 203 habitants (en 2003) et une flore impressionnante : elle ne culmine qu’à 8 mètres mais il y a des dizaines d’espèces d’arbres/arbustes/cactus/fleurs différentes, et une faune tout aussi riche : tortues de mers, flamands roses...

En tout nous avons visité 4 iles et en général nous faisons un premier repérage puis nous revenons le lendemain pour la journée. On ne s’attarde pas trop car la vie est vraiment chère, 50 dollars la langouste,  et nous avons surtout hâte d’atterrir à Saint Martin, île française, où nous espérons trouver un peu plus d’infrastructures et surtout des produits français : crème fraîche, fromage, charcuterie, Jenlain…

Nous partons donc le 17 avril d’Anegada pour Saint Martin, et histoire de changer un peu ce sera 24 heures de près. On arrive donc crevés à Marigot (capitale de l’île), ce qui ne nous empêche pas de foncer sur internet et sur le premier supermarché qu’on trouve et c’est festin : 2 fromages, 2 pâtés et 3 baguettes, on oublie le rouge mais on se rattrapera la fois d’après.

Nous voila donc ici pour presque 1 mois avec au programme : les réparations nécessaires avant la transat retour, la visite de Saint Martin, le carnaval, la découvert des iles aux alentour …

Adrien
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16 avr. 2010

Ecole de St Martin | LES ORDURES


Le chiffre : 1 poubelle de 20 L par semaine, pour 5 personnes quand nous sommes en traversée.
Comparé à la classe cela fait 3 fois moins et comparé à une famille de 4 personnes cela fait 8,5 fois moins.

COMMENT FAIT-ON ?

Avant de partir : Nous faisons attention à ce que nous achetons : nous privilégions les gros contenants : des paquets de 10kg de riz plutôt que 1kg. Nous évitons aussi les produits sur emballés avec peu de matières consommables. Nous ne consommons pas de produits frais qui génèrent en générale énormément de déchets : yaourts, fromages, crème fraîche… Pour l’eau nous utilisons des bidons de 20L que nous remplissons dans les ports.

Pendant la traversée : Une partie de nos déchets peuvent être rejeté à la mer sans polluer. Il faut considérer la mer au large comme une poubelle pour les déchets biodégradables, matières organiques, métal, papier et verre. Tout le reste, plastique, piles, bouteilles de lait… sont jetés dans la poubelle du bateau. 

Nous jetons le verre et le métal que quand nous sommes loin des côtes (12 miles*, =21km), ces déchets coulent et ne sont pas rejetés sur les côtes, ils ne représentent pas non plus de danger pour l’environnement marin (faune et fore), ils se dégradent même plus rapidement dans l’eau que sur terre.

* La convention internationale pour la prévention de la pollution des mers (MARPOL) interdit formellement à tout navire de jeter du plastique où que ce soit en mer. Nourriture, cartons, métal (Boîte de conserves) et verre ne sont jetables qu’à plus de 12 miles de côtes. Source : « Questions du marin curieux »

C’est la vie sur le bateau qui nous « force » à être comme cela, cela nous apprend à quel point il est facile de réduire nos déchets mais nous sommes conscients qu’il est difficile de se priver de certaines choses si faciles d’accès en France. Une fois revenu sur terre je pense que nous réduiront, naturellement nos déchets, mais nous ne pourrons pas revenir au niveau atteint sur le voilier.

Votre œuvre collective représente exactement le genre de déchets que nous n’utilisons pas. Gobelets plastiques (nous en avons sur le bateau mais nous réutilisons), yaourts…  


Petite anecdote : quel est le pays que nous avons visité qui pollue le moins? Qui dépense le moins ? Qui à les eaux/plages les moins polluées ? Réponse : Cuba.

En effet la vie cubaine, complètement éloignée de la consommation de masse, est un exemple à suivre. Les cubains vont chercher leur nourriture avec leurs récipients, leur rhum dans leurs bouteilles. Ils recyclent tout ce qu’ils peuvent et récupèrent tout ce qui est récupérable (j’ai déjà vu un cubain ramasser les gobelets en plastiques d’un hôtel pour les laver et les utiliser dans les bars). Je n’ai pas de chiffres mais je pense que le rejet de déchet d’un cubain est au moins de dix fois inférieurs à un occidental, sachant que les cubains vivent très bien et ont une espérance de vie proche de celles des occidentaux. Il faut noter qu’avec ce système les cubains n’ont pas accès aux mêmes produits que les pays occidentaux. 

Les Questions posées aux élèves / Vos réponses à nos questions sont complètes, nous allons seulement les enrichir avec notre expérience, en gras.

1 -  D’où vient la pollution des océans ?

La pollution des océans vient de l’action de l’Homme à cause :
- de la pollution des fleuves
- des rejets d’eaux usées domestiques
- des rejets industriels
-  du pétrole déversé lors des accidents survenant lors de l’extraction ou lors du transport des hydrocarbures
-  des débris marins comme les déchets plastiques et synthétiques

En effet la pollution des mers vient en majorité des terres, et en particulier des fleuves. En République Dominicaine, la rivière de Saint Domingue relâche tellement de déchets que la marina, au niveau de la rivière, est protégée par des filets pour éviter que les déchets rentrent. 

2 - Combien de tonnes de déchets sont jetés chaque année à l’eau ?

Chaque année 20 milliards de tonnes de déchets sont jetés à l’eau dont :
- 150 000 tonnes d’hydrocarbures
- 1,8 millions de tonnes de produits toxiques
-  6 millions de tonnes de polluants venant des fleuves
-  200 000 tonnes d’hydrocarbures dispersés dans les airs qui retombent dans l’océan avec la pluie.

3 - Quelle est la durée de vie des déchets jetés à la mer ?
En fonction de leur nature, les déchets mettent entre 3 semaines et 1000 ans pour se dégrader, certains ont même une durée indéterminée de dégradation.

Exemples :
- papier journal : 3 à 12 mois
- bouteille en plastique : 500 ans


Certains déchets mettent du temps à se dégrader mais ils ne font « pas de mal » à environnement : verre, papier et métal. Pour nous le poison des mers est le plastique : on en retrouve partout : dans la mer, sur les plages, dans l’estomac des poissons… en effet il se dégrade trop lentement (500 ans c’est l’équivalent à la découverte de l’Amérique) et il flotte (et donc on le retrouve OBLIGATOIREMENT QUELQUE PART). Certains autres déchets se dégradent encore plus lentement mais ne représentent aucun danger pour la nature et ne provoquent pas de pollution visuelle sur les côtes, si ils sont jetés loin des côtes.

Voici les données que nous avons :  Source : « Questions du marin curieux »
Papier : 2 à 5 mois
Pelure d’orange : 6 mois
Carton de lait : 5 ans
Boîte de conserve : 10 à 100 ans
Sac Plastique : 450 ans
Canette aluminium : 200 à 500 ans
Bouteille plastique : 100 à 1000 ans
Bouteille verre : 4000 ans


4 - Quelle est la matière la plus dangereuse ?
Le plastique est la matière la plus dangereuse. En effet, les poissons peuvent manger les sacs plastiques qui les étouffent.

Nous somment entièrement d’accord…

5-  Qu’est ce qui pollue le plus sur un bateau ? Et sur un voilier ?
Ce qui pollue le plus sur un bateau est le pétrole.
Et sur un voilier les déchets de l’Homme.

Les bateaux de commerce rejettent une grosse partie de leurs déchets dans la mer (les moins polluants), cela est toléré car cela représente peu comparé aux rejets venant de la terre. 

Sur un voilier, malgré nos efforts, nous polluons aussi. D’une par le moteur rejette une partie de l’essence dans la mer et d’autre part il existe une pollution venant de la dégradation de la coque du bateau et des produits d’entretien que nous utilisons.

6 - Qu’est ce qu’on retrouve sur des îles désertes non nettoyées ?

On retrouve toute sorte de déchets rejetés à la mer et qui ont une durée de dégradation plus ou moins longue (déchets plastiques et synthétiques) et des épaves de bateau.

Du plastique… certaines iles que nous avons visitées sont désertent et personne n’est là pour nettoyer du coup sur les bords de plage on retrouve TOUS les produits qui flottent : principalement du plastique, de toutes sortent (bouteilles, bouchons…), des bouteilles fermée hermétiquement, des ampoules,  des vêtements… il est difficile de tout énumérer, il faut juste se rendre compte que tout produit rejeté à la mer atterrie quelque part.  

Les photos ci-joints ont été prises sur la côte de Bonaire (Antilles néerlandaise, au large du Venezuela).

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13 avr. 2010

République Dominicaine

La tradition veut qu’à l’arrivée dans un nouveau pays, le Raffût se paye une sortie nocturne bien arrosée durant laquelle Adrien et Raoul s’endorment prématurément…accoudés au comptoir.
Santo Domingo n’échappera pas à cette tradition. Non.
Accompagnés par Nico en tour du monde et de passage sur le Raffût, nous nous sommes immiscés au cœur de la ville dans une soirée en plein air où les gens dansaient au rythme d’un groupe de musique locale. L’ambiance monte, les bières se descendent. Vous connaissez la fin.

Ainsi, après nous être pliés aux exigences de la tradition, nous partons le lendemain à la découverte de cette cité coloniale. Bien que très polluée, il est très agréable de se perdre dans ses rues si l’on excepte les 35° qui vous accablent la majeure partie de la journée.
Ce qui nous a le plus marqué, c’est l’abondance. Des supermarchés très bien achalandés, des magasins spécialisés à tous les coins de rue, des laveries, des fast food, internet pour pas un rond. Bref, je ne vais pas tout vous lister, vous avez les mêmes en France. Mais après avoir passé près de deux mois à Cuba, le choc est réel. Le premier jour, on s’arrêtait tous les 20 mètres, on voulait tout acheter. Oui, parce qu’à Cuba, on s’organisait quand même des missions « œuf » !

Le thème de ces 6 jours passés à St Domingue sera donc la bouffe. Acheter, préparer, bouffer (je vous assure que c’est plus approprié que manger) et digérer les repas du midi et du soir nous prenait quasiment toute la journée. Bœuf bourguignon, fricassée de crevettes et de calamars, steacks de 300 grs/pers ratatouille etc.. Apéro, entrée, plat, dessert, café, chocolat à tous les repas. On a passé la semaine à bouffer, dans des proportions toujours plus démesurées chaque jour, portés par l’enthousiasme contagieux de nos deux estomacs sur pattes, j’ai nommé Adrien et Raoul (oui ce sont les mêmes qui s’endorment au bar).
Après la rareté, la profusion. Une semaine ça va, plus c’eut été trop. Il est temps de partir. On quitte donc Santo Domingo pour Boca Chica à quelques heures de navigation plus à l’Est. On s’installe au mouillage de la marina la plus confortable visitée jusqu’ici. Wifi sur le bateau, laverie pas cher, salle de détente avec TV, bar, shipchandler et un chauffeur gratuit à notre disposition pour nous emmener faire des courses.
D’abord, nous en profiterons pour faire un certain nombre de choses intelligentes comme un énorme plein de courses (1000 $), des lessives et remettre à neuf le tableau de bord du moteur et y remplacer le barillet de la clé. Et puis pour des choses moins intelligentes comme regarder la semaine du zapping sur Internet ou Arsenal – Barça à la TV. Ou encore jouer au Président (mieux connu sous un autre nom) au bar de la marina.
La ville de Boca Chica en elle-même n’a pas grand intérêt. Station balnéaire fréquentée des Dominicains, ses plages sont squattées par des locaux qui la transforment en déchetterie en un temps record. Les deux ou trois Hôtel Resort qui y sont installés ont un bout de plage privée et sont séparés par une barrière de l’emplacement des Dominicains. Ambiance.
Tous les jours, nous occuperons nos fins d’après-midi en parties de beach volley sur la plage de l’un d’eux jusqu’à ce que la sécurité nous fasse gentiment comprendre la veille de partir, que n’étant pas de l’hôtel, il nous invitait à aller jouer ailleurs.

Et puis cette semaine passée à Boca Chica aura été riche en transferts du côté du Raffût. Oliv J censé nous rejoindre en République Dominicaine a prolongé son bail à Montréal jusqu’au 20 Avril. Il doit nous rejoindre à cette date à St Martin. Quant à Oliv M dit Raoul, il quitte comme prévu le Raffût et rejoint pour 6 mois Carcassonne après une dernière semaine de navigation en famille dans les Grenadines. On lui souhaite bon courage pour cette reprise.
Enfin, Poncho, le joker de luxe du Raffût est venu caler une petite semaine à bord entre ces road trip à NYC et Miami. A cette occasion, nous avons eu le plaisir de rencontrer ses amis de Barcelone, César et Vanessa avec qui nous avons fait une excursion « cascades naturelles » dans le nord du pays.
Cette ballade pour laquelle nous avions loué une voiture et dû parcourir 600 km aller-retour nous aura enseigné deux choses. La première c’est la circulation dans ce pays qui se fait…sans code de la route et qui en plus et très dense.
La seconde c’est la beauté de certains endroits à la végétation luxuriante que nous avons traversé durant cette journée et qui nous donnent à croire que la Rep Dom recense bien plus d’endroits magnifiques que la visite de ces seules plages du sud le laisse penser. Malheureusement, les divers allers et venues ainsi que les quelques réparations du bateau nous empêcheront de beaucoup bouger et donc d’en faire plus.
Nous passerons donc une semaine à Boca Chica. Il est temps pour Poncho et Nico de nous quitter pour leurs futures destinations. Le Raffût lui, met les voiles, direction les Virgin Islands.

C’est donc à 3 que nous nous apprêtons à remonter les Alizés sur près de 300 milles. Vent de Nord Est constants à 25-30 nœuds avec forte houle. Le décor est planté, rien à voir avec les 10-15 nœuds de vent variable annoncés à la météo. Les premières 24 heures se passent idéalement. Faisant cap au sud est, nous atteignons le sud des côtes portoricaines en un temps record. Ensuite, ce fut nettement moins idéal. 4 jours de près serré : Comme dit Adrien, « le près c’est marrant 2 heures, 4 jours c’est chiant ». Deux fois 2h30 de quart chacun par nuit, le sommeil est court, l’allure est fatigante. De simples activités comme faire à manger ou la vaisselle sont de vraies missions. Arrivés à proximité des îles vierges, nous optons pour un mouillage plus près de celui que nous avions prévu de rejoindre initialement afin de nous éviter une nuit de nav supplémentaire.
Une nuit de 11 heures réparatrice nous suffira pour partir à la découverte de ce paradis. Ca valait le coup finalement. Iles vierges, elles le sont… presque. Si les terres sont pour la majorité très peu peuplées, avec des ballades en pleine végétation qui valent le coup, en revanche les mouillages eux sont bondés. Des centaines d’américains en gros catamaran de location et des yachts de milliardaires les squattent pour leurs vacances. Inutile de vous dire qu’on fait plus clochard que jamais avec notre Raffût de 1976, ses 11,30, ses algues sur la coque et ses caleçons qui sèchent sur les filières.
C’est donc un endroit fréquenté par des riches, les restaurants et les bars sont chers. Nous essayons dans la mesure du possible de se contenter du côté paradisiaque des paysages et des plages, et d’oublier les activités payantes.

Nous prévoyons de rester une dizaine de jours au milieu de ces îles avant de partir pour St Martin, un peu moins de 100 milles plus à l’Est, aux alentours du 18 Avril. En plus d’y récupérer Oliv J puis plus tard Fabrice, pour la transat retour, nous en profiterons pour mettre le bateau à sec et lui faire un petit lifting, en prévision de sa revente future en septembre.

Julien.
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26 mars 2010

Vie à bord...

Après 6 jours de navigation, nous voici maintenant à Santo Domingo, en République Dominicaine.

Découvrez toutes nos nouvelles vidéos en cliquant ICI !

Et voici les dernières photos :


A très bientôt
Team Green SPi
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24 mars 2010

Adios Cuba


Après 6 semaines passées sur la plus grande île des Caraïbes, je peux vous en raconter quelques particularités. Il y en a beaucoup plus, qu’on devine ou ressent, mais sans vraiment pouvoir les toucher du doigt en tant que touriste, tant le poids du passé se fait parfois présent.
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3 mars 2010

Cuba du 31 janvier au 13 février 2010


Texte : Vania et Paule (alors invitées du Raffut)

Voici le récit, jour après jour, version journal.
Equipage pendant ce périple : Manolo, Vaniouch, Brian, Papayou, Adriano, Gainsbourg et Polo

Dimanche 31 janvier :
Nous arrivons de La Havane par bus à la gare routière de Cienfuego. Accueillies par Adrien, nous découvrons avec plaisir des rues aux murs colorées, où s’élèvent de beaux édifices de l’époque coloniale abîmés par le temps mais au charme fou, pas de magasins aux enseignes affables ni de publicités,  les seules images demeurent celles du CHE ou de messages de Révolution, parfois le moteur d’une vieille voiture américaine reluisante vient polluer l’air et le son de cette ville tranquille. On a changé d’époque, ou de dimension. Adrien, visiblement ici depuis des siècle nous annonce tout fier qu’il a trouvé un moyen, illégal certes, de se procurer des œufs. La couleur est annoncée, nous débarquons dans un autre monde.
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1 févr. 2010

Traversée vers Cuba

Départ de Curaçao le mercredi 20 janvier vers midi, les pleins faits, les derniers bricolages réglés. Nous n’avons toujours pas de régulateur pour notre éolienne, mais ô grande nouvelle nous partons avec un moteur d’annexe. Un peu plus que vieux mais pas cher, le temps nous dira si nous c’est une bonne affaire.

Nous remontons donc la côte direction nord ouest sur un bon bord de largue. Entre 25 et 30 nœuds de vent, des creux entre 4m (selon la police) et 8m (selon les organisateurs) ; sportif ! Quelques vagues déferlent dans le bateau et nous obligent à fermer les écoutilles. Du coup on a le choix entre la chaleur à l’intérieur et les douches sur le pont. De jour c’est marrant et ça rafraichi, de nuit c’est moins rigolo, surtout quand on s’en prend une 5 min avant d’aller se coucher…On en à pris une tellement grosse que ça nous a rempli le cockpit, et l’équivalent de quelques seaux se sont frayés un passage jusque l’intérieur et un gilet de sauvetage qui n’a pas demandé mieux que de se déclencher. Au moins on sait qu’ils fonctionnent !

Nos organismes n’étant plus tellement habitués à ce genre de conditions les nuits sont courtes pour tout le monde, on n’en mène pas large pendant la journée non plus et des activités de base comme faire à manger ou boire l’apéro demandent de gros efforts d’équilibre. 

L’accalmie arrive à la fin de notre troisième jour de traversée, enfin une bonne nuit pour tout le monde. Nous profitons du répit pour jeter un œil à notre système de barre. Bien nous en a pris car du sable s’était glissé dans une poulie, nous rongeant le câble de plus de moitié. La réparation faite nous passons au tableau de bord du moteur qui montre des signes de faiblesse pour découvrir quelques connexions largement oxydées. Il nous est maintenant impossible de démarrer autrement qu’au tournevis directement sur le démarreur. Et comme on dit qu’un malheur n’arrive jamais seul notre alternateur choisi la même journée pour arrêter de produire de l’électricité. Nos deux moyens de production d’énergie en rideau, il ne nous reste plus qu’à finir la traversée à la lampe torche. Oui bon d’accord mais il faut bien qu’on se plaigne peu… Ceci étant réparer nous occupe et nous y prenons goût de plus en plus. 

Les journées reprennent leur cours normal, lecture (Un monde sans fin, Le maître et marguerite, Balzac, Pardonnez nos offenses, Le procès, Pour qui sonne le glas), échecs, espagnol, pêche (pas très prolifique d’ailleurs)… Nous quittons la régularité des alizés et passons notre première nuit au moteur depuis les Canaries ! S’en suivent une alternance de pétole et de vent dans le nez, nous ne sommes plus qu’à quelques milles des côtes cubaines, nous ne pourront pas arriver avant la nuit. Nous entrons dans une baie de Cienfuegos très bien balisées (heureusement) mais impossible de trouver la marina. Tant pis, il est 22H, tout le monde est fatigué et il fait froid dehors (pas loin de 10°C !!), personne ne répond à la VHF, nous mouillons dans un coin de la baie et on verra demain pour les formalités.

Réveil avec le jour pour voir que nous sommes à 200m de la marina que nous avons cherché en vain la veille. Accueil super sympa, on nous demande quand même de rester à bord jusqu’à l’arrivée des autorités. Le bal commence avec la venue de trois personnes des services de santé et vétérinaires. Pas de produits frais ? Vous n’êtes pas malades ? D’où venez-vous ? Quel est votre parcours ? RAS on gagne trois papiers, le droit de baisser le pavillon jaune et d’attendre les suivants. Descendent ensuite dans notre carré un responsable de la capitainerie et un agent des douanes. D’où venez-vous ? Quel est votre parcours ? Possédez-vous des armes ? Deux papiers de plus, jusque là tout va bien, on a toujours le droit d’attendre les suivants. Arrive alors une véritable troupe, deux douaniers en uniforme, un en civil, un en bleu de travail et deux maitres chiens (avec leurs chiens). S’en suit une fouille du bateau presque en règle (l’un a ouvert sous mes yeux cinq fois le même jeu de cartes, mais personne n’a soulevé les planchers pour regarder les cales). Un ou deux nous demande discrètement si on ne veut pas leur donner un Ipod ou des anti-inflammatoire. Résultat un peu plus de bazar dans le bateau, encore un papier de gagné et on nous rend nos passeports dûment visés par l’immigration. Merci messieurs bon séjour à Cuba.

Les fonctionnaires sont plutôt détendus et très sympa, notre matinée fut bien occupée et nous pouvons enfin aller faire nos premiers pas dans ce pays aux frontières si longtemps restées fermées. Nous découvrons des rues très larges (format piste d’atterrissage), sans beaucoup de circulation, avec dessus des taxis-vélos, des taxi-carriole à cheval, des grosses Ford sorties droit des films de James Dean, des Lada que l’on imagine bien venir d’URSS et quelques nouvelles voitures plutôt asiatiques. Beaucoup de bâtiments imposants aux façades décrépites, de larges places fleuries, des magasins où l’on trouve un peu de tout et beaucoup de rien, sauf le rhum et les cigares qui sont partout. Des slogans communistes ou à la gloire des héros nationaux trônent sur les murs. Les cubains avec qui nous parlons sont tous avenants et sympa. Il ne nous manque plus qu’à découvrir les largesses ô combien vantées des nuits cubaines, ce que nous ne manqueront pas de vous conter au prochain épisode. Au programme maintenant quelques jours à Cienfuegos histoire de bosser un peu le bateau, de faire le plein de vitamines et de récupérer Paule et Vania qui vont nous accompagner pour les 15 prochains jours.

Vous souhaitant une bonne fin d’hiver

Manu
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19 janv. 2010

Bonaire - Curacao


En l’an de grâce 2010, le Raffût quitte son petit paradis au large du Venezuela pour un autre : Bonaire, à l’ouest des Roques, qui avec ses voisines Curaçao et Aruba forme les Antilles néerlandaises.

Pas besoin de prendre la météo de ce côté-ci de l’Atlantique. Les conditions de navigation sont fidèles à elle-même, à savoir optimales : Mer calme, alizées constantes, soleil radieux etc... Au final, 20h de vent arrière suffiront pour boucler ces 110 milles.

Ici, le contraste avec les Roques est saisissant : il y a des routes avec des voitures, des supermarchés avec de la viande et l’électricité de la ville fonctionne sans générateur ! Bref, c’est plus européen, après tout on est aux Pays-Bas.
Et puis nous on n’est pas compliqué, on s’adapte vite : Ca faisait pas 3h qu’on avait posé le pied sur l’île qu’on avait déjà avalé un gros steack (Je revois les yeux ahuris de la serveuse quand Adri lui a commandé deux plats). Avant, on avait pris le temps de faire les formalités d’entrée sur le territoire et de donner signe de vie au monde réel.

Nous passerons les jours suivants à faire du tourisme : un peu de plongée et de kyte et surtout deux journées complètes de visite de l’île.
Pour la première, nous avons loué des vélos. En arrivant à l’entrée du Parc National (attraction touristique majeure de l’île) après 2h de « montée/descente », le gardien, en voyant nos visages grimaçant, nous a fortement déconseillé d’y entrer. C’est un parcours de 2h30 en voiture où il est impossible de faire demi-tour, il ne reste que 6h de jour et on n’a pas de portable…
Inutile de vous dire que si on avait suivi l’insouciance d’Adri et Oliv M, on y serait encore…
Le temps de crever mon pneu arrière et de profiter sur le retour de paysages dignes de westerns, nous sommes rentrés au bateau, lessivés. On avait quand même fait nos 50 bornes dans la journée.

Mais comme on n’est pas du genre à rester sur un échec, le surlendemain on se l’est fait le parc ! Et en 4x4 cette fois ! Il l’a ramené moins le gardien ! Bien nous en a pris d’ailleurs car il a plu toute la matinée, un déluge. Je ne sais pas si vous avez vu la scène dans Jurassic Park : il pleut à torrent, ils sont à coté de la cage du Tyrex, enfermés dans la voiture, au milieu d’une végétation luxuriante.
Et bien, je ne pensais pas la vivre en vrai un jour ! A un détail près toutefois, non négligeable, il n’y avait pas de dinosaure. Encore qu’au milieu des lézards multicolores et des iguanes, on pouvait se le demander…

Durant l’après-midi, nous avons quand même pris le temps de nous arrêter dans les petites criques du parc, de nous y baigner pour admirer les fonds marins et ses poissons perroquet.
En fin de journée, nous avons rendu la voiture au loueur… Le mélange maillot de bain mouillé et boue sur les pieds aura donné un sacré coup de vieux au 4x4 et ses 600 km au compteur. Vive les sièges en cuir !

Après des journées si bien remplies, c’est sur la nourriture que l’équipage se vengeait. Dans le supermarché, nous avons vu notre premier rayon boucherie depuis 3 mois. On s’en est donné à cœur joie, vous pouvez me croire. A quai d’une petite marina à $10 la nuit avec Internet, nous en avons aussi profité pour faire le plein d’eau et d’électricité.
L’équipage et le bateau remis à neuf, nous quittons donc Bonaire vendredi matin direction Curaçao, île réputé très industrialisée, passage obligatoire pour faire les courses et réparations nécessaires avant de partir pour un pays comme Cuba.

Après 6 heures de navigation, nous arrivons à destination dans un mouillage qui malheureusement rappelait davantage Martigues que Los Roques. Mais bon, on le savait, on prend quand même le temps de mouiller dans un endroit plus sympa plus au sud de l’île. Une journée de réparation, deux jours de courses (les cales sont pleines à ras bord) et une soirée électro digne du Bataclan plus tard (Adri et Oliv M se sont levés à 15h30..), nous voici en cette après-midi ensoleillée sur la terrasse d’un bar à vous écrire ces quelques lignes.

On est mardi. Demain matin à l’aube, on part pour Cienfuegos au sud de Cuba qu’on estime atteindre dans environ une semaine. On y retrouve Paule et Vania qui viennent nous rejoindre pour deux semaines. Il y a un peu moins de 1000 milles (non, ca ne fait pas un million), ce qui correspond à une demi transat, l’escale que nous avions imaginé sur la côte haïtienne ayant été annulée, vous imaginez pourquoi.

A très bientôt, Jul.
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Nos vacances à Los Roques - par Pierre, Ponch, et Alexis.

Avant de commencer, nous aimerions vous signaler d’éviter de mettre les pieds à l’aéroport de Caracas sans quelques conseils, et surtout sans avoir les poches pleines de dollars. Entre l’aller et le retour, nous avons dû y passer près de deux jours, avec des allers retours incessants entre les aéroports nationaux et internationaux, des gens qui vous aguichent pour un oui ou pour un non, personne ou presque derrière les comptoirs, et surtout au retour (erreur fatale), les poches vides, ce qui a failli nous coûter de rater au dernier moment notre avion Caracas-Paris tant convoité. Autant vous prévenir donc, comme ces épisodes nous ont fait couler pas mal de sueurs froides, pour que cela ne vous arrive pas à vous aussi.
En revanche, tout ce qui se trouve entre ces deux moments d’aéroport (une dizaine de jours environ), a été vraiment magique. Los Roques, un archipel d’environ 50 petites îles, dont la majorité sont quasiment désertes, de l’eau bleu azur, des fonds magnifiques. Los Roques, réputé pour être le « dernier paradis sur Terre ».

Le 27 décembre 2009 nous débarquons d’un petit coucou à l’aéroport (si encore on peut parler d’aéroport) de Gran Roque, la plus grande ville (comprenez « petit village ») de l’île. Nous avons tout de suite rejoint le Raffût au mouillage. Tout le monde va bien à bord, et tout le monde est bronzé et/ou barbu. Nous avons rechargé les cales de quelques produits du terroir : fromage, vin, magret de canard, chocolats, ce qui a été particulièrement apprécié de l’équipage. A bord : Manu, les deux Olivier et Julien. Adrien, absent pour des raisons de « Noël en famille à New York », nous a rejoint le 1er janvier.

Entre temps, nous en avons profité pour nous mettre au kite surf. Notre prof n’a été autre qu’Olivier Ménard, qui fort de son expérience de quelques sorties à Montpellier, nous a montré les rouages de ce sport nautique. La fin de ces deux jours de rude apprentissage s’est soldée par une opération « Alerte à Malibu », pour aller chercher au large Poncho, emmené contre son gré par la voile. Personne de blessé au final, quelques pieds écorchés sur les coraux sont à déplorer.

Nous avons aussi tout de suite profité du fait que nous soyons nombreux (7, puis 8), pour nous mettre à nous taper des petits foots quotidiens sur les plages désertes. Deux ballons de crevés, quelques coraux de plus dans les pieds, et un pied en moins pour certains, n’ont en rien stoppé l’immense ferveur qui régnaient autour de ces rendez-vous, et tout l’équipage commençait à se préparer mentalement dès le matin, pour être dans les meilleures conditions au coup d’envoi à 16h (la chaleur rend tout sport impraticable avant).

Certains se sont offert le luxe d’une petite virée de plongée en bouteille (luxe est un grand mot quand on regarde le prix qu’une plongée : environ 40 euros), pour aller explorer les fonds magnifiques de la barrière de corail qui borde l’archipel. Au menu : langoustes, barracudas, des centaines de poissons dont nous avons oublié le nom, mais qui n’en étaient pas moins jolis et colorés.

La soirée du Nouvel An mérite également d’être citée, car elle aura été mémorable. Pourtant, elle n’avait pas si bien commencé : après le feu d’artifice, à minuit et quart, Oliv Ménard, Pierre et Julien s’étaient déjà endormis sur la plage (que c’est dur de tenir tard le soir pour un marin). Le réveil n’a pas été facile, mais nous sommes sûrs qu’ils sont loin de regretter la suite de la soirée, qui restera dans les mémoires. Tous les détails et autres potins ne vous seront pas exposés ici, car on pourrait en faire un post entier. Mais elle s’est déroulée dans une Posada (comprenez « maison »), spécialement aménagée pour l'occasion en bar du Nouvel An. La soirée s’est poursuivie sur le bateau vers 6h (désolé pour nos voisins de mouillage), puis pour certains en jouant (mal) au foot sur la plage. Pourquoi jouer au foot à 8h du matin sur la plage sans avoir dormi ? Cela partait d’un bon sentiment : nous attendions le vol d’Adri prévu à 8h, mais qui n’est finalement arrivé que beaucoup plus tard : nous n’avons pas tenu le coup…

Enfin, nous nous sommes dégagés 5 jours pour une petite virée dans les îles Aves, un archipel voisin, dans lequel nous avons fait des rencontres très déplaisantes avec une horde de moustiques affamés, ou encore un scorpion blanc, qui est passé en coup de vent nous voir pendant que nous faisions griller des langoustes.

La pêche aura été assez bonne : poissons de coraux, langoustes, et surtout, surtout : les BIGORNEAUX, pleins d’oméga3, ce qui est très bon pour la santé (lu dans "Bigorneau Magazine"). La pêche au harpon a fini par se transformer en ramassage de bigorneaux, puis, à force de ramassage une discipline est née : la chasse aux bigorneaux. Eh oui, la chasse aux bigorneaux, c’est pas pour les fillettes. Il faut savoir sentir les bons coins : et ce n’est pas donné à tout le monde. Les plus gros que nous avons chassé (et ramassé) faisaient la taille de bulots, ce qui, pour les connaisseurs, n’est pas rien. Au final : indigestion de bigorneaux pour tout le monde.

Un grand Merci à l’équipage : Manu, Oliv M, Oliv J, Adri et Jul, de nous avoir accueillis tous les trois. Nous nous souhaitons bon vent pour la suite de vos aventures, pour lesquelles nous ne nous faisons aucun souci.

Les trois marins en herbe : Pierre, Ponch, et Alex.
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