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31 déc. 2009

Barbade / Grenade / Los Roques.



La Barbade.

13j 20h 30 min. Record d’Europe je crois. A peine étonnant vu la qualité de l’équipage. Une transat’ rondement menée pour débarquer à la Barbade, île anglophone la plus  à l’Est de l’arc antillais. Les formalités d’entrée passées, nous partons mouiller dans Carlisle Bay, plage de la capitale Bridgetown. L’eau turquoise à 28°C se jette sur une plage de sable farineux, longée de palmiers et autre végétation comme on en trouve pas dans la forêt de Rambouillet, par exemple, et agrémentée d’une multitude de bicoques ressemblant fortement à des bar-restaurant. Ehéhé !
Les deux premiers jours sont placés sous le signe de la détente.  Au programme, visite de la capitale de l’île, comprendre chef lieu de canton pour avoir une idée de la taille, au style anglais d’origine, mais largement envahie aujourd’hui par l’influence américaine et son coté bling-bling. Malls tous les 200 m, tout est pensé pour le touriste qui afflue en masse des ferries  de croisière accostant tous les 2 jours (le Queen Mary 2 était à quai). Nous sommes un peu pris à la gorge par toute cette agitation après un mois dans des îles du Cap Vert épargnées par le tourisme de masse, et 13j 20h 30 min, peut être même record du monde, je vérifierai, sur un océan Atlantique peu propice à l’implantation d’hôtels aux formules « all included ».
Mais peu importe, nous nous mélangeons à la population locale en soirée pour une partie de domino endiablée (je n’aurai jamais pensé associer cet adjectif un jour à ce jeu), avec des cris de joie et des rires qui vous font basculer la tête en arrière, des mains qui frappent les cuisses et les bords de table de surprises et des félicitations sur le bon placement du double 6. Bref un véritable vaudeville.
Après des réveils xylocéphaliques, nous remplissons les journées de surf, beach-volley sur la plage du Hilton, saltos arrière du bateau, et foot avec coucher du soleil en fond d’écran.
Suivrons à ces journées détentes, les inévitables journées « obligations » pour ne pas dire pénibles, avec notamment le changement folklorique de capitaine aux douanes, Adri nous quittant pour passer Noël en famille dans la grosse pomme. C’est Manu qui prendra la fonction de commandant de bord, la candidature de Jul et la mienne n’ayant pas été retenue. Etonnamment. Aussi, courses, ravitaillement en eau à la douche de la plage avec les bidons, où nous faisons patienter ces quelques baigneurs qui veulent se rincer les pieds, recherche d’écoutes neuves et autres pièces pour le bateau, occuperons les jours suivant.
Nous avons également eu le plaisir de retrouver Natacha, copine de lycée de Jul et moi, même si elle dit que nous étions méchants à l’époque. Dires que nous réfutons en bloc, bien entendu. Taquins peut être, méchant, jamais. En tous cas nous avons passé de bons moments ensemble cette fois-ci.
Et puis, il y a eu le gaz. Nos deux premières bouteilles sont vides, la troisième tire sur la corde. Il va falloir recharger. Qui aurait pu imaginer que toute l’île ne fonctionne qu’au propane. Personne ne peut nous aider, et ce n’est pas faute d’avoir chercher. La solution est la suivante : nous passerons par Grenade où Oliv se rappelle avoir trouvé des recharges de butane avec Adri lors d’un précédent voyage. La décision est prise, nous partons plus tôt que prévu avant de devoir manger du riz cru, direction Grenade.
Grenade.
Après 24h de nav’, nous mouillons dans un mouillage près de St George, capitale à l’instar de Bridgetown par sa taille, de Grenade. La différence avec la Barbade est saisissante. La première est totalement plate. Grenade est faite de monts et collines couverts d’une végétation luxuriante et majestueuse comme on en trouve pas à Châteauroux, par exemple. Et je défie un Castelroussin de me contredire. Bref, c’est magnifique, et de là à dire que Grenade, c’est de la bombe, surtout quand on y est pour chercher du gaz, il n’y a qu’un pas, que j’ose.
Après avoir malencontreusement  oublié de s’être présenté aux douanes, nous voilà partis dans cette quête du gaz. Même si le décor s’y prête, ce n’est pas le dernier Indiana Jones. Et c’est sans compter que nous sommes samedi après midi et que la seule personne habilitée à recharger les bouteilles de gaz sur l’île est en week-end jusqu’à lundi. C’est incroyable ces gens qui ne travaillent pas le week-end… Nous voici donc sur cette charmante île jusqu’à lundi au moins.
Et c’est un week-end plein de délices gastronomique que nous allons passer. Deux langoustes de 1kg chacune, vaillamment remontées par Oliv du bateau des pêcheurs venus au pied du Raffût. Une étonnante technique de chasse dont vous lui demanderez les détails. Sans masque ni tuba. Nous étions bluffés. Puis deux kilos de citrons sauvages et une quinzaine de noix de coco ramassés lors d’une promenade pleine de côtes et de pentes pour remplir nos filets. Miam miam. Quelques saltos arrière, encore, des centaines pages de romans dévorées et des 120 trèfles contrés rempliront le reste du week-end. Je vous passe les détails de la mission du lundi matin pour remplir les bouteilles de gaz avec Manu, mais après 3 changement de bus « mini vanne » nous finissons par trouver ce fameux monsieur remplisseur de gaz. Très gentil ma foi. Finalement après 4 heures et 900 coups de rames en annexe, nous pouvons enfin partir en direction de Los Roques où nous passerons Noël, avec du gaz.
Los Roques, Venezuela.
Le trajet est prévu en 3 jours. Nous en mettrons deux. Record de France. Pour rejoindre Los Roques, c’est simple : en sortant de Grenade, prenez à droite pour rejoindre l’autoroute des Alizés. Mettez le génois et le foc inter’, et à fond sur la voie de gauche (il n’y a pas de radar, vous pouvez y aller tranquille). Prenez la sortie n°4 Los Roques après celle de Las Tortugas. L’arrivée se fait par Gran Roque, mettez le moteur à 2200 tours, vous avez le vent de 35 nœuds dans le nez, et garez vous au premier mouillage sur la gauche. Ne sortez pas l’annexe, sans moteur, ça ne sert à rien, vous n’avancerez pas malgré une forme olympique et ce physique de rêve. Partez plutôt mouiller sur une autre île à l’abri du vent. Attention aux hauts fonds, slalomez correctement et mouillez. Vous passerez Noël ici, dans ce petit lagon à l’eau toujours bleue turquoise, où vous vous baignerez au milieu des tortues de mer et de ces poissons que vous avez déjà vu dans un vieux reportage du commandant  Cousteau quand vous étiez jeunes. Le bonnet rouge n’est pas obligatoire. La bouteille de rouge elle, si. C’est Noël. 
Voici le repas de veille de Noël des boys du Raffût (prenez un stylo pour les recettes) : pain fait maison, ou plutôt fait bateau, pâté de campagne, cornichons, Bordeaux 2007, un peu jeune mais là c’est pas grave, olives vertes, gâteaux apéro, ti punch, coucher de soleil magnifique, lune féérique, et moustiques voraces, sur la plage. Puis gâteau à la semoule fait bateau, avec son sirop rhum-citron aussi fait bateau, Tontons flingueurs et dodo. Vous pouvez ranger votre stylo.
Et le 25 au matin, crêpes et cadeaux. Manu et Oliv devaient se faire un cadeau, Jul et moi le notre. Ont reçu : Manu, 5 barres de chocolat ; Oliv, un livre de recette de cuisine de la Barbade en anglais ; Jul, une étiquette de bouteille vantant sa qualité de « choqueur » de voiles dessinée par votre auteur, et je reçu une bien belle charade sortie de l’imagination de mon camarade. Un joli Noël qui vous rempli le cœur de cette chaleur amicale.
Pour les activités extra Noël, nos futurs compagnons de voyage, Pierre Poncho et Alexis, qui arrivent le 27, se feront un plaisir de vous les décrire dans le prochain article.
En attendant, les copains se joignent à moi pour vous souhaiter de joyeuses fêtes de fin d’année. Et surtout, ça me fait plaisir, couvrez vous bien ! éhé !
Oliv J
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18 déc. 2009

Top départ vendredi 28 novembre, 23h locale. Nous quittons avec un peu d’appréhension le mouillage de Mindelo à 120 escudos la pinte après avoir vérifié une dernière fois l’état du gréement. L’appel du large est le plus fort.


Ca commence mal, 6h plus tard c’est la barre à roue qui se coince sous le vent des îles du Cap. On affale tout et Manu et Oliv J (les spécialistes) travaillent 2 heures dans ce tout petit réduit.

Les alizés sont établis, environ 20 nœuds Est Nord Est. Avec nos deux voiles d’avant : génois tangonné et foc intermédiaire, nous filons a un honnête 7 nœuds de moyenne jusqu’à la Barbade, plein vent arrière. Du coup, les temps de manœuvre sont réduits et ça nous laisse du temps pour nous.

Adri comme apprenti boulanger : résultat 13 jours de pain frais à s’en casser les dents mais ça a l’avantage de « tenir au corps ». Oliv J se prends à philosopher sur Schopenhauer : une page par jour tellement c’est compliqué. Jul tente de nous faire pousser la chansonnette sur les hymnes néo zélandais et sud-africain. Je le soupçonne d’ailleurs de s’entraîner pour la coupe du monde 2011 !

Quant à Manu et moi, nous bossons notre point astronomique, et tous les jours c’est pareil, nous traçons notre droite de hauteur avec une énorme erreur à l’arrivée. C’est sûr il y a un truc qui ne va pas. Affaire à suivre..

La pêche : l’activité vitale du Raffût (il faut bien accompagner notre riz quotidien)

Déjà 4 jours, quelques touches et 2 lignes arrachées, quand Adri, à la barre, nous lance « les gars, je crois que nous croisons un banc de petits thons ». Aussitôt dit aussitôt fait, les lignes sont montées sur le tangon et c’est la pêche aux canards qui débute. S’ensuit un délicieux tartare de Manu et une orgie de darnes grillées. Pour la petite histoire, le Raffût est suivi à quelques mètres par un bel espadon attiré par le sang. On hésite à mettre une ligne mais nous nous ravisons en voyant la taille du morceau (environ 2m50) qui nous impose le respect. La lutte serait inégale.

J7, jour de gloire, un wahoo femelle d’1m30 - 25 kg, très aguicheuse, atterrit dans notre cockpit à l’heure de l’apéro. Zut ! En moins de 30 minutes, la bête est dépecée et c’est une orgie de poisson grillé, pané, coco qui attend l’équipage matin, midi et soir jusqu’à l’écœurement...

N’oublions pas les petits déjeuners à base de poissons volant échoués.

Les jours passent vite, nous recalons le Raffût sur sa route après le point de midi et l’heure locale est reculée environ tous les 3 jours. 12h de jour, la vie sur le pont n’est possible que le matin et le soir avec séance de muscu à l’avant, douche et parties de belotte. Le repas de midi, c’est 200g de pâtes ou riz par personne, puis café chocolat avant la partie d’échec ou la sieste. Manu bosse son espagnol, Adri et moi les maths et la météo, Oliv bosse Camus !

17h goutter, 18h c’est l’heure de l’apéro. Après le premier pastis, la conversation s’amenuise, la musique à fond de Polnareff « J’aimerai faire l’amour avec toi », la préféré d’Adri. Puis vient la soupe du soir, Jul à la vaisselle et la phrase du capitaine « Qui veut quel quart ? » et nous invariablement « J’men fout ». 21h, tout le monde dort. L’homme de quart tient la barre, allongé sur une banquette de petits coussins, le souffle chaud des alizés dans le cou, 2 heures pour faire le point sur sa vie.

La médiane : nous coupons l’Atlantique en 2 a J7, 23 heures locale, à plus de 1000 milles de toute terre et 4000 mètres d’eau sous les pieds.

Nous avons légèrement anticipé ce passage avec un festival de bonnes choses : Bourgogne dans nos verres en plastique, terrine de canard leader price et bananes flambées !

L’arrivée

J12, l’équipage est excité, le vent a forci à 28 nœuds, la houle est grosse et le surf nous procure quelques poussées d’adrénaline. Oliv J, Jul et Adri ne jurent que par le McDo. Adri payera sa tournée si le Raffût met moins de 14 jours, ce qui sera le cas vu que nous avons avalé 172 milles hier.

J13, Jul aperçoit la terre aux lueurs du jour et nous réveille sur la BO de « The Rock ». Il faut maintenant préparer l’arrivée avec notre carte de la Barbade qui date de 1966…

Conclusion

Nous n’avons rencontre ni bateaux, ni grands mammifères dans cet océan, nous avons été bien seuls et si nous avions eu assez de batterie, nous aurions passé quelques bonnes nuits au pilote.. Les manœuvres se sont limitées au changement de côté du tangon, l’équipage a donc peu souffert (sauf peut-être Oliv J et Adri. Vous leur demanderez pourquoi l’un utilisait un tube d’homéoplasmine par jour et l’autre son mycoster. Pour moi c’est secret médical).

Le Raffût a été solide, sauf nos paires d’écoute qui sont parties en miette. Je vous laisse, l’atterrissage est imminent. Les bières fraîches et les grillades nous attendent.

A très bientôt.

Oliv M.
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12 déc. 2009

15°18,4N-46°11,1W



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Chers lecteurs,

Nous tenions à partager avec vous une partie de notre quotidien lors de nos traversées. Voici donc un exemple avec la description d’une journée type s’il en est.

Dimanche 6 décembre :

7h30- Le Raffût se réveille. XXXX fait du café. C’est alors que surgit une vague de travers qui a échappé à la vigilance de notre barreur pourtant émérite, XXXX. Il y a du café partout. Ca arrive souvent et ça marche aussi avec l’assiette de pâtes, le verre de pastis ou le bol de soupe suivant l’heure de la journée.

XXXX met les lignes de traine derrière le bateau.

8h30- XXXX prend la météo via la radio et RFI grandes ondes, et fait le point de la journée afin de déterminer la distance parcourue et le cap à suivre.

11h45- XXXX vérifie à l’aide du sextant que le GPS ne se trompe pas et qu’on va dans la bonne direction.

XXXX prépare des pâtes au thon (en boîte…)

16h- Belote, XXXX/XXXX affrontent XXXX/XXXX. Victoire de XXXX/XXXX sur le score sans appel de 1150 à 120.

18h- Apéro. Moment d’échange privilégié pour l’équipage. Il fait nuit et nous en profitons souvent pour parfaire notre connaissance de la voute céleste (pour vous mesdames à notre retour).

19h- XXXX prépare à manger, soupe et riz sauce tomate.

21h- XXXX prend le 1er quart

23h- XXXX prend le 2e quart

1h- XXXX prend le 3e quart

3h- XXXX prend le 4e quart

5h- XXXX prend le 5e quart

7h30- Le Raffut se réveille.



NB :

- Les XXXX sont vous l’aurez compris à remplacer par nos prénoms, de manière aléatoire suivant les jours.

- Les trous dans l’emploi du temps sont comblé par au choix : sieste, lecture, glande, écriture, goûter, pêche, exercices de maths, apprentissage de l’espagnol, des constellations, de la navigation astronomique ou du dictionnaire.

- Et la voile dans tout ça ?? En fait… sur la route des alizés que nous suivons les vents sont très réguliers en direction et en force et nécessitent donc peu de manœuvres. Nous nous relayons à la barre tout au long de la journée.

- Il fait beau et chaud merci et chez vous ?

- Demain lundi une nouvelle semaine commence. Saperlipopette va falloir aller bosser vous dites-vous ? Pour nous c’est « cool on recommence ».

- Vous voici au courant de tout, ou presque…



Envoyé depuis Bridgetown, Barbade,

Manu.
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8 déc. 2009

On arrive...


Après avoir dépassé la moitié de sa transat vendredi dernier, le Raffût continue la tête dans le guidon pour essayer de la boucler en moins de 14 jours! Toujours porté par les Alizés sur une mer forte voir très forte cetains jours, mais sous un soleil de plomb, l'équipage se porte au mieux pour accoster la Barbade d'ici 3 jours. Bon courage à tous.

Transatlantiquement.

Le Raffût.
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