OU SOMMES-NOUS ?


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3 juil. 2010

Laura, Pippo et Barn visitent le Raffût.

Les gars nous ont demandé d’écrire un truc au sujet de notre séjour sur le Raffût, alors voilà, un truc.
Permettez-moi de commencer par la fin, c’est plus logique.

Nous sommes repartis des Açores un lundi matin, tôt, encore tout ensommeillés après un séjour intense en émotions. Le départ aux aurores aura finalement été la bonne solution : la tête encore dans le brouillard, au radar, les jambes nous portent vers l’aéroport de Ponta Delgada. Le cœur, s’il avait été bien éveillé, nous aurait dicté de rester.

On avait imaginé des conditions de vie difficiles, nous avons trouvé le bien-être. On avait osé penser qu’ils mangeaient mal, notre séjour aura presque été gastronomique. Manu et Adrien devraient, plutôt que de devenir rugbyman professionnel pour l’un et expert comptable pour l’autre, ouvrir un restaurant aux Açores, avec une spécialité de « riz Raffût ». Et pour les grosses faims post-transatlantiques, de la « ressuce » à vau-l’eau !

Je déforme un peu la vérité, évidemment. Vous avez pu lire dans les pages précédentes que leur périple a eu son lot de difficultés. La transat retour, même si elle laissera sûrement les plus belles traces à ses valeureux marins, aura été un calvaire.

Après l’effort, le réconfort : les Açores sont un paradis. On ne voudrait pas que trop de touristes viennent nous faire concurrence, donc surtout, n’en parlez pas trop autour de vous. Mais il y a des baleines (les gars, si vous arrivez à voler quelques photos aux touristes qui en ont vraiment vu…), des dauphins (les gars, si vous… ah non, çà on en a vraiment vu), et des oiseaux qui ressemblent à des canards mais font des bruits étranges, un peu l’équivalent d’une hyène, mais avec un bec et des ailes.

Le paradis, parce que ces îles sont au beau milieu de l’Atlantique, et il y pleut beaucoup -sauf aux mois de juin et juillet-, et donc elles possèdent une végétation luxuriante. Des hortensias géants, à faire pâlir un jardinier du continent, des bananiers et des palmiers en bas, des sapins et des plantes bizarres en haut. On passe du niveau de la mer à 1000m d’altitude le temps d’une chanson de Joe Dassin en voiture, sans bien sûr compter les arrêts « waaah la vue de ouf, truc de ouf, laisseu tomber » nécessaires à chaque virage.

Aux sommets, des cratères volcaniques, avec pour certains des lacs dedans. Pas d’accès, pas de maison, rien, juste de la pure nature, et l’azur de la mer en toile de fond. Pas banal tout çà.

Sur terre, l’emploi du temps s’est équilibré entre matchs de coupe du monde accompagnés de tosta mista et de bière, sport pour de vrai (foot, course à pied), ascension des volcans et visite des petites villes.

Le 16 juin, nous avons fêté l’anniversaire d’Oliv comme il se doit, avec un festin de tapas en tous genres, un magnum de Graves, et des cadeaux : les deux meilleurs livres du monde, de la cryptonite des Açores, et des bandeaux pour les cheveux, car Olivier a maintenant les cheveux longs et blonds. Sans rire !

Les traversées inter îles auront été des plus tranquilles et nous avons pu nous essayer au souquage d’artibuses et à l’écartage de sloop. Le vocabulaire de la voile offre des opportunités de jeux de mots en or, et neuf mois à bord ne semblent pas avoir lassé les gars. Nous avons pris des ris, pour relever l’assiette, et passer au largue au winch.

Le jour, l’océan qui scintille, la chaleur du soleil atténuée par la brise marine. Les îles s’aplatissent jusqu’à disparaître dans l’horizon, nous sommes seuls au milieu de l’océan, avec les oiseaux et les dauphins.
La nuit, les étoiles font leur apparition, nous repérons les constellations de l’ours, du dragon, du scorpion, et la plus belle d’entre elles, le cygne, s’envolant au milieu de la voie lactée.
Comme on dit chez nous : du lourd. Du très, très lourd, même.

Perchés sur les volcans, les guetteurs de baleines qui envoyaient autrefois les baleiniers faire leur office se sont reconvertis en mouchards pour zodiacs à touristes. On a pensé essayer de capter leur fréquence pour se lancer à la poursuite des cétacés, mais on s’est dit que la rencontre avec une baleine valait bien la peine d’être fortuite plutôt que provoquée, quitte à attendre et risquer de ne pas en voir du tout.

Bonne chance au Raffût, aux gars, et aux bienheureux qui y séjournent, les baleines finiront bien par montrer le bout de leur queue.

Barn

1 commentaire:

  1. Merci l'envoyé spécial. pour ces nouvelles fraiches du Raffut.

    A ce soir

    Tom LF

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