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24 mars 2010

Adios Cuba


Après 6 semaines passées sur la plus grande île des Caraïbes, je peux vous en raconter quelques particularités. Il y en a beaucoup plus, qu’on devine ou ressent, mais sans vraiment pouvoir les toucher du doigt en tant que touriste, tant le poids du passé se fait parfois présent.

Il faut certainement commencer par signaler que le touriste à Cuba est une espèce en voie de fort développement. Le gouvernement cubain l’a bien compris et en a fait sa première source de revenus. Pour cela, il a mis à la disposition du touriste une monnaie différente de celle du cubain, le peso convertible (ou CUC). Le touriste doit penser à s’en munir d’une bonne quantité car contrairement à ce qu’on pourrait imaginer un séjour à Cuba coûte cher. Il y a donc sur l’île deux économies parallèles, une en CUC et une en pesos nationales, la monnaie cubaine. Pour simplifier un peu, 1 CUC = 25 pesos et quand le touriste paye 1 CUC le cubain paye 1 peso. On trouve des magasins, restos, bars où l’on paye en CUC (pour les touristes et les cubains « riches »), et d’autres où l’on paye en pesos (pour les cubains exclusivement). En principe le touriste ne peut pas détenir de pesos nationales, mais le cubain lui reçoit souvent quelques CUC en complément de son salaire. Chacun essaye donc d’améliorer le quotidien en récupérant quelques CUC auprès des touristes, par ex. en vendant des cigares dans la rue (originaux bien sûr car l’oncle de tous les revendeurs travaille à la fabrique Roméo et Juliet ou Cohiba et en fait sortir en douce), ou connait le meilleur resto de la ville (légal ou non) qui en plus par chance est le moins cher.

Pour se loger, le touriste a à sa disposition soit de grands hôtels souvent genre station de ski des années 80 et formule « all inclusive » (comptez entre 100 et 300 CUC la nuit) , ou alors des casas particulares, formule plus sympa où l’on dort chez l’habitant pout une vingtaine de CUC la nuit. Pour toutes ses visites le touriste est bien encadré, véhiculé dans des bus chinois derniers cri et se retrouve avec ses collègues touristes dans une fabrique de cigares, au musée de la Révolution ou lors d’une promenade en bateau.
Si vous n’êtes pas fan des voyages organisés et des déplacements de touristes en troupeaux vous pouvez essayer de prendre un autre chemin. Commencez par changer quelques CUC en monnaie nationale. Interdite mais tolérée en fait, cette pratique permet d’aller au marché, de prendre le bus en ville ou de manger le midi des bocaditos de jamon ou des pizzas con queso achetés auprès de stands ambulants ou dans le renfoncement d’une porte cochère. Notez que ceci ne vous permettra pas d’avoir accès aux magasins réservés aux cubains. Pour ceux-ci il vous faudrait un « livreta », ou carnet de rationnement, qui permet d’avoir des denrées de bases pour un prix dérisoire. Par ex., mensuellement, un cubain a droit à 5 livres de riz, 5 œufs, une brosse à dent…. S’il en veut plus il lui faut des CUC et aller dans un magasin en CUC (où il n’y a pas de rationnement mais où tout est beaucoup plus cher), ou se débrouiller.
Poursuivez par vous perdre dans les rues de La Havane, Trinidad ou Santiago, vieilles villes chargées d’histoire, aux ambiances tranquilles et vivantes à la fois. Allez écouter de la musique à la casa de la musica en sirotant un mojito ou un cuba libre, puis mangez dans un resto de la langouste ou du poulet (c’est le même prix) et profiter de la douceur de la nuit.

Nous qui avons la chance de posséder un moyen de locomotion peu commun pour les cubains, nous avons aussi pu découvrir la nature extraordinaire des jardins de la reine, archipel aux centaines d’îlots étalé sur 300 km entre Trinidad et Cabo Cruz, et dont les cubains (à part les pécheurs locaux), ignorent l’existence. On y croise beaucoup de langoustes (miam miam) et de barracudas et on plonge dans moins de deux mètres d’eau sur des barrières de corail magnifiques. Sur les îles on « barbecute » les dites langoustes, on regarde les iguanes et de gros rongeurs se régaler de nos restes, on se fait dévorer par de minuscules moustiques à la tombée du jour (signe qu’il est l’heure de rentrer au bateau boire l’apéro). On n’y croise pas un seul humain, à part sur une ou deux îles qui reçoivent pour la journée les touristes des grands hôtels.
Comment vous parler de Cuba sans vous parler des cubains ? Peuple excessivement gentil et serviable s’il en est. Toujours prêts à rendre service (moyennant quelques CUC) et à nous aider à trouver ce dont nous avons besoin, même si cela peut leur coûter cher. L’industrie du tourisme est tellement réglementée  que la police veille et gare au cubain qui sort des rails.

Malgré les privations, la tentation du monde extérieur, la dynastie Castro… beaucoup s’accordent pour déclarer qu’ils ne voudraient vivre nulle part ailleurs. Pour notre part nous avons trouvé l’île magnifique, riche culturellement et humainement, mais le carcan imposé aux touristes est pesant.

Nous sommes donc ravis de mettre les voiles ce lundi 15 mars direction la côte sud de la République Dominicaine et sa capitale, Santo Domingo. Nous atteignons assez vite la côte Haïtienne, puis 36h sans beaucoup de vent nous laissent un peu sur place (un problème de durite percée nous empêche d’utiliser le moteur). Puis une dépression nous ramène du vent (de face) et nous pouvons commencer notre remontée vers St Domingue. Malgré tous les efforts déployés par notre maître pécheur Raoul, pas la queue d’un poisson au bout de notre ligne. Nous nous régalons donc de pâtes à la sauce tomate, de soupe améliorée aux poix chiches ou haricots rouges, ou encore de riz « Raffût » dont la recette est jalousement gardée par Adri. Il faut dire que nous vivons sur nos réserves faites à Curaçao il y a presque deux mois maintenant, car à Cuba on ne trouve pas grand-chose. Nous vivons donc penchés entre 25 et 35°, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, ce qui n’est pas pratique pour dormir quand on est du mauvais côté du bateau, mais la mer n’est pas trop grosse et ce n’est pas si désagréable. Surtout que nous voyons presque tous les jours une bande de petits dauphins qui vient jouer avec le bateau pendant une heure, et nous régaler de leurs cabrioles. Nous arrivons en vue de la capitale et il semble que nous allons renouer avec les immeubles, les usines et les villes débordantes d’activités. Ca nous changera !

Il est dimanche 18h, nous venons d’arriver et avons hâte de finir les formalités d’entrée pour essayer d’aller trouver un double steack-frites-bière fraîche.

N’hésitez pas à nous envoyer de vos nouvelles, ça nous fait toujours plaisir et maintenant que nous avons quitté Cuba nous pourrons vous répondre beaucoup plus facilement.

Bien à vous
Manu

5 commentaires:

  1. Trabajo si, mambo no ! Gros bisous del tio Pedro - en fait le commentaire relou est de Pierre...

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  2. AUCUN CARCAN N EST IMPOSE AUX TOURISTES A CUBA QUI DOIVENT SIMPLEMENT RESPECTER LES LOIS DE CUBA. J Y VAIS DEPUIS PLUSIEURS ANNEES ET JE PEUX VOUS DIRE QUE JE M Y SENS COMME CHEZ MOI AU SIEN D UN PEUPLE ON NE PEUT PLUS CHALEUREUX ET QUI SOUFFRE BEAUCOUP DE L EMBARGO DES ROIS DU MONDE AMERICAINS BRAVO A FIDEL D AVOIR TENU EN RESPECT CES GENS LA

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  3. Qui a écris cela?
    Merci

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  4. Jean Michel Pseudo29/03/2010 12:18

    Merci Poussin pour ses news
    Et surtout MERCI ANOMYME.
    Ton commentaire m'as beaucoup fait rire, il a rempli ma journée d'un soleil rilleur.

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  5. A force de détourner des oeufs au marché noir et de soudoyer des agents des douanes avec des magazines pornos, pas étonnant que les services secrets cubains vous mettent le main dessus; merci ANONYME ;-)
    Sinon, la rampe est arrivée, je vais la chercher demain! Merci de me passer vos commandes "persos" (bouqin, fromage préféré, etc...) rapido que je m'organise pour faire une expédition FNAC en valise!

    A très bientôt!

    Fabrice

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