« Waaaaah !! Trop stylée l’île !» sont probablement les premières paroles des premiers colons portugais arrivés à Flores en 1452. A un ou deux mots près. En tous cas, nous, c’est ce qu’on s’est dit. Et 17 jours de mer n’ont pas amplifié notre impression. Car la splendeur de ce morceau de terre perdu à l’ouest de l’archipel des Açores et prenante. Voire même surprenante. Un micro climat semi-tropical et une terre volcanique ont permis à une verdure aussi riche que diversifiée de s’épanouir sans complexe.
Hortensias à gogo, gazon anglais sauvage, sapins dont je ne connais pas le nom (ceux qui ressemblent à des faux), palmiers et bambous en veux-tu en voilà, platanes au bord des routes toutes neuves, comme chez nous dans les années 70, et une multitude de petites fleurs qui feraient très jolies dans une jardinière sur un balcon de la mairie. Serpentant entre tout cela, les ruisseaux frétillant, qui sautent du haut des rochers pour faire des cascades comme Belmondo, qui retournent sous terre, s’infiltrent partout et ressortent nulle part pour se diriger inexorablement vers l’océan. C’est beau, ça mouille, c’est vivifiant et froid. En effet, une des sorties possibles de cette eau se situe dans les douches du bloc sanitaire. Autant aux Caraïbes une douche froide quand il fait 35°C passe, autant quand il fait 19°C avec du crachin (un peu comme en Bretagne une belle journée d’été), une bonne préparation mentale s’impose. Mais ne nous plaignons pas, je sens que vous n’aimez pas ça. Mais pourtant ce n’était vraiment pas chaud !
La première balade (oui, nous faisons des balades entre copains) tire sur les pattes comme dirait une mouche entre les doigts d’un enfant sadique. La distance moyenne parcourue en une journée sur le bateau se situant autour de 20 mètres, une petite balade de 6 bornes correspond à environ 300 fois plus d’activité pédestre. A rendre jaloux les meilleurs circumarcheurs du marché. Avoir les jambes en coton prend alors tout son sens. Mais en vrais sportifs polyvalents, l’épreuve est aisément franchie.
Nos forces retrouvées, nous louons une voiture, certifiée écologique greenspi (16V essence de 1990), pour une autre balade autour de l’île en 80km et nous rendre aux lacs dans les cratères. Sur les dépliants, ça fait comme quand on met la sauce du poulet dans le cratère de la purée. En vrai, il y avait tellement de brouillard qu’on aurait pas vu un poulet traverser dans cette purée de pois. Mais à force de détermination, et de meilleurs conditions météorologiques, nous avons pu admirer un de ces havres de paix posé ici depuis les temps les plus reculés (certains avance même la date de 1910 !). L’étendue d’eau est majestueuse, calme et vive à la fois, entourée de sapins (les vrais cette fois) et de roseaux, et alimentée par les cascades aux quatre coins qu’elle n’a pas. On dirait une pub pour de l’eau minérale. D’ailleurs une bouteille en plastique vide traîne pas très loin. Et oui, même ici…
Nous quittons Flores après quatre jours de communion avec la nature et la buvette du mouillage, direction Horta, sur l’île de Faial, point d’arrivée principal des transateux, où viennent nous retrouver François dit le Barn, Philippe dit Pippo et Laura dit … la sœur de Jul, trois jours plus tard et où Fabrice nous quittera marqué à vie par cette aventure.
Le port est blindé comme la Brinks. Les bateaux sont à couple jusqu’à quatre sur les quais. C’est pire qu’au péage de St Arnoult un retour de weekend de 15 août. On retrouve certains bateaux vus de l’autre coté de l’Atlantique, et on se la compare (la traversée) : « nous on a mis 17 jours » « oui mais nous on a pas eu de vent pendant 4 jours » « nous on a essuyé un coup de vent » « nous on a essuyé la table » « nous c’était mieux » etc … C’est comme dans une cour de primaire à la récréation, sauf qu’à la cantine c’est pintes de bière et entrecôtes/ frites. Nous passons obligatoirement par le bar mondialement connu (enfin surtout des gens qui font du bateau et même nous on ne le connaissait pas) le « Café Sport » de Peter qui a nourrit (en solide et surtout en liquide) les plus grands navigateurs , de Tabarly à l’équipage du Raffût, en passant par une multitude d’autres mondialement connus eux aussi. C’est bon enfant et ça fait plaisir.
Enfin, bateau nettoyé et rafistolé, de même que l’équipage(les douches sont chaudes !!! mais coûtent 2 euros…), nous assisterons au futur fiasco des Bleus (ceux du foot, pas de la police) et profiterons de la fête de l’agriculture avec des vaches, des tracteurs, de la musique et un sculpteur sur bois à la tronçonneuse ! en attendant les amis qui arrivent le lendemain matin. Et qui arriveront bien tôt d’ailleurs !