OU SOMMES-NOUS ?


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26 juin 2010

Açores : première


« Waaaaah !! Trop stylée l’île !» sont probablement les premières paroles des premiers colons portugais arrivés à Flores en 1452. A un ou deux mots près. En tous cas, nous, c’est ce qu’on s’est dit. Et 17 jours de mer n’ont pas amplifié notre impression. Car la splendeur de ce morceau de terre perdu à l’ouest de l’archipel des Açores et prenante. Voire même surprenante. Un micro climat semi-tropical et une terre volcanique ont permis à une verdure aussi riche que diversifiée de s’épanouir sans complexe.

Hortensias à gogo, gazon anglais sauvage, sapins dont je ne connais pas le nom (ceux qui ressemblent à des faux), palmiers et bambous en veux-tu en voilà, platanes au bord des routes toutes neuves, comme chez nous dans les années 70, et une multitude de petites fleurs qui feraient très jolies dans une jardinière sur un balcon de la mairie. Serpentant entre tout cela, les ruisseaux frétillant, qui sautent du haut des rochers pour faire des cascades comme Belmondo, qui retournent sous terre, s’infiltrent partout et ressortent nulle part pour se diriger inexorablement vers l’océan. C’est beau, ça mouille, c’est vivifiant et froid. En effet, une des sorties possibles de cette eau se situe dans les douches du bloc sanitaire. Autant aux Caraïbes une douche froide quand il fait 35°C passe, autant quand il fait 19°C avec du crachin (un peu comme en Bretagne une belle journée d’été), une bonne préparation mentale s’impose. Mais ne nous plaignons pas, je sens que vous n’aimez pas ça. Mais pourtant ce n’était vraiment pas chaud !

La première balade (oui, nous faisons des balades entre copains) tire sur les pattes comme dirait une mouche entre les doigts d’un enfant sadique. La distance moyenne parcourue en une journée sur le bateau se situant autour de 20 mètres, une petite balade de 6 bornes correspond à environ 300 fois plus d’activité pédestre. A rendre jaloux les meilleurs circumarcheurs du marché. Avoir les jambes en coton prend alors tout son sens. Mais en vrais sportifs polyvalents, l’épreuve est aisément franchie.

Nos forces retrouvées, nous louons une voiture, certifiée écologique greenspi (16V essence de 1990), pour une autre balade autour de l’île en 80km et nous rendre aux lacs dans les cratères. Sur les dépliants, ça fait comme quand on met la sauce du poulet dans le cratère de la purée. En vrai, il y avait tellement de brouillard qu’on aurait pas vu un poulet traverser dans cette purée de pois. Mais à force de détermination, et de meilleurs conditions météorologiques, nous avons pu admirer un de ces havres de paix posé ici depuis les temps les plus reculés (certains avance même la date de 1910 !). L’étendue d’eau est majestueuse, calme et vive à la fois, entourée de sapins (les vrais cette fois) et de roseaux, et alimentée par les cascades aux quatre coins qu’elle n’a pas. On dirait une pub pour de l’eau minérale. D’ailleurs une bouteille en plastique vide traîne pas très loin. Et oui, même ici…

Nous quittons Flores après quatre jours de communion avec la nature et la buvette du mouillage, direction Horta, sur l’île de Faial, point d’arrivée principal des transateux, où viennent nous retrouver François dit le Barn, Philippe dit Pippo et Laura dit … la sœur de Jul, trois jours plus tard et où Fabrice nous quittera marqué à vie par cette aventure.

Le port est blindé comme la Brinks. Les bateaux sont à couple jusqu’à quatre sur les quais. C’est pire qu’au péage de St Arnoult un retour de weekend de 15 août. On retrouve certains bateaux vus de l’autre coté de l’Atlantique, et on se la compare (la traversée) : « nous on a mis 17 jours » « oui mais nous on a pas eu de vent pendant 4 jours » « nous on a essuyé un coup de vent » « nous on a essuyé la table » « nous c’était mieux » etc … C’est comme dans une cour de primaire à la récréation, sauf qu’à la cantine c’est pintes de bière et entrecôtes/ frites. Nous passons obligatoirement par le bar mondialement connu (enfin surtout des gens qui font du bateau et même nous on ne le connaissait pas) le « Café Sport » de Peter qui a nourrit (en solide et surtout en liquide) les plus grands navigateurs , de Tabarly à l’équipage du Raffût, en passant par une multitude d’autres mondialement connus eux aussi. C’est bon enfant et ça fait plaisir.

Enfin, bateau nettoyé et rafistolé, de même que l’équipage(les douches sont chaudes !!! mais coûtent 2 euros…), nous assisterons au futur fiasco des Bleus (ceux du foot, pas de la police) et profiterons de la fête de l’agriculture avec des vaches, des tracteurs, de la musique et un sculpteur sur bois à la tronçonneuse ! en attendant les amis qui arrivent le lendemain matin. Et qui arriveront bien tôt d’ailleurs !
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12 juin 2010

LE RAFFUT EST A VENDRE...

Robuste Gin Fizz ketch de 37 pieds, marin et facile à manier. Le Raffut souhaiterait passer le moins de temps possible à sec et cherche un repreneur.

Revenant prochainement d'une boucle Atlantique d'un an, il est tout équipé et ne demande qu'à repartir. 

Visible dans les Bouches du Rhône à partir du 15 aout 2010, date de son retour en France...

Pour en savoir +, cliquez ICI !
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8 juin 2010

Récit de la transat retour par Adrien


1er départ le mercredi 12 mai, les cales sont pleines, les réparations finies. Fabrice a pris ses marques à bord, les vents annoncés ne sont pas très favorables et assez fort : 20 nœuds d’est pendant 3 jours. Après 30 heures de près, avec une houle assez forte, l’étai (le câble qui relie l’avant du bateau au haut du mat, entouré d’un tube qui tient la voile d’avant) se détache à l’avant emporté par la voile. En moins de dix minutes le génois est affalé, on place l’étai largable pour soulager le mat et on remet l’étai attaché par des cordes à l’avant. Le génois est un peu abimé, on le portera chez un voilier plus tard. On décide de rentrer au moteur pour éviter de trop tirer sur le mat. En conclusion on s’est dit assez chanceux que cela nous arrive après 150 miles et pas au milieu de l’Atlantique. On arrive donc le lendemain, samedi, à 4h du matin à Marigo (Saint Martin). Lever 4 heures après pour faire le maximum de chose pendant la journée. Grace à notre ami Alain (un vieux de la vieille de la voile), qui nous guide pour les réparations, le tube est réparé lundi (17 mai) et le bateau est prêt à partir. On profite de la matinée du lendemain pour tout finaliser et on part pour de bon le mardi 18 mai à 14H30. Les vents sont un peu plus favorables : moins forts et mieux orientés (Est-sud-est).
1,2,3,4 jours de près, c’était prévu et on s’attendait à cela. Le bateau est humide, on ne peut pas faire sécher les affaires, ça bouge et on dort mal. En plus notre cap (25-30°) n’est pas motivant, on devrait faire du 45°pour arriver aux Açores. A cette allure on peut espérer arriver à Terre-Neuve dans dix jours…
5,6,7ème jours de près encore, et ce n’était pas prévu, du coup ça commence à être pesant et le moral est bas. On s’imagine déjà aux Açores entrain de déguster une entrecôte frite. Le lundi 24 le vent tourne un peu et on avance, pour la 1ère fois depuis le début, tout droit vers notre destination, par contre c’est toujours du près.
8ème jours, mardi 25, le vent et la mer se calme, on est toujours au près. On en profite pour faire sécher les affaires, aérer le bateau et pour faire un bon repas le soir : foie gras, confit de canard pommes de terre et une bouteille de bon vin. Ca fait énormément de bien au moral.
9ème, 10ème et 11ème jours, le vent est portant c’est vraiment agréable, il fait beau, on se douche, on se baigne, on continue à faire sécher les affaires. Petite surprise : une tortue de mer vient nous dire bonjour. On réalise même nos premières prévisions météo personnelles : baisse du baromètre de 1026 à 1015 hectopascal en 24h, ce n’est pas énorme mais assez pour annoncer une dépression. On remarquera aussi tous les signes distinctifs : passage du front chaud, puis du front froid, ainsi que les vents Ouest-Nord-Ouest puis Ouest-Sud-Ouest. Ca souffle, à 20-25 nœud mais on du coup on avance vite, 150 miles par jour.
12ème et 13ème jours, (29-30 mai). Un gros système nuageux passe sur nous. Le vent est variable mais pas trop fort, entre 5 et 15 nœuds. On touche à peu près toutes les allures, en passant du près au vent arrière en un rien de temps. Il fait très humide, il pleut et la visibilité est très réduite. On passe une bonne partie du temps à l’intérieur, le bateau étant réglé pour marcher tout seul.
14ème jours, je me réveille et je vais faire une manœuvre à l’avant avec Fabrice : replacer la corde de l’enrouleur sur le tambour du génois. On est un près et le vent souffle à 15-20 nœuds. Tout se passe bien. On revient dans le cockpit, je reste juste au dessus pour repartir éventuellement à l’avant, Fabrice règle l’enrouleur. D’un coup nous empannons, en moins d’un quart de seconde Fabrice est éjecté très violement par l’écoute de la GV dans le cockpit. En moins d’une seconde je me retrouve sur lui en demandant à julien, à la barre, de gérer le bateau et d’enrouler le génois. Fabrice est par terre, à moitié évanoui avec du sang sur la tête. Mon 1er reflexe est de regarder l’état de son crane. « Bonne nouvelle », la blessure n’a pas l’air grave mais reste importante : une ouverture d’1,5 cm sur 4 mm de profondeur en juste au dessus du front. Je mets le doigt dessus, le sang ne semble plus couler et Fabrice reprend doucement conscience et me dit qu’il a très mal au bras droit. Il a l’air sonné mais pas en danger. J’examine son bras, il ‘y a pas de fracture ouverte mais son poignet commence déjà à tourner au bleu. Manu et Oliv à l’intérieur préparent la trousse à pharmacie. Je détache Fabrice qui avait encore son harnais et on le rentre. Tout cela s’est passé en 2 ou 3 minutes. La mer est assez hachée, la houle vient de tous les sens. On reste dehors avec Julien pour gérer le bateau tandis que les autres soignent Fabrice.
En conclusion, plus (beaucoup plus) de peur que de mal. On décide de mettre des steri strip sur la blessure au crane. Des points de sutures auraient surement été plus adaptés mais il est impossible de faire quoi que ce soit avec la houle, et en fin de compte cela a très bien tenu. Son poigné ne semble pas cassé et il se tartine d’Ernica. Aussi dans la bataille on aura perdu notre tangon (comment ? aucune idée).
Comme pour nous soulager, le beau temps réapparait en début d’après-midi, après 3 jours couverts. On sèche tout, on prend le soleil, on se lave. La mer et le vent sont calmes, 2 ou 3 groupes de dauphins passent à coté du Raffut. On ouvre 2 bouteilles de vins et les 2 autres boites de magret de canard pour « fêter » le retour au calme et oublier la frayeur de ce matin.
Mardi 1er juin, 15ème jours, le temps est encore super agréable, vent arrière de 15-20 nœuds, un peu de houle mais on est au portant et on ne la sent pas. On en profite pour s’occuper du bateau : réparation de la BLU, couture sur la capote de protection et le lazybag, plein d’essence, lessives, douches… Le vent forcit en fin d’après midi, contrairement à la température que faiblit fortement, et on commence vraiment à avoir froid.
16ème jours, 150 miles, on avance vite. Le vent est toujours portant avec une composante nord, on avance au grand largue à 6-7 nœuds. En fin de matinée la houle se lève avec des creux de 3-4 mètres et le vent forcit un peu. Vers midi la houle forcit encore et on voit apparaitre des creux de 5-6 mètres. On prépare le bateau, on enroule le genois, on met le foc No3 (équivalent à un tourmentin) sur l’étai largable. Une heure après la mer est très forte (vagues de 5-6 mètre) et le vent passe à 35 nœuds, c’est impressionnant de voir ces montagnes d’eaux se déplacer. Le bateau se comporte bien, on avance à 6-7 nœuds avec le foc No3 et la GV réduite au maximum. L’intérieur est préparé et du riz est mis à cuire pour le soir, au cas ou. Des déferlantes passent à coté du bateau et une manque de nous surprendre mais jul à la barre anticipe et on la prend de face : une bonne quantité d’eau rentre dans le bateau mais nous sommes bien attachés et le Raffut complètement fermé. Je décide de rentrer et de me préparer au cas ou cela empirerait. Pantalon, tee-shirt, polo, polaire, bote, ciré complet, gants. Je sors, julien, toujours à la barre m’annonce que le vent s’est très légèrement calmé, la houle aussi. En effet après 2 heures on repasse à 20-25 nœuds de vent avec une mer qui n’est plus dangereuse. Cela n’aura pas duré longtemps, juste de le temps de nous montrer ce qu’est un coup de vent en atlantique : c’est impressionnant. Bizarrement on s’est tous rappelé que certains bateaux affrontent cela seul à bord, ou pire à deux avec l’un ou l’autre avec le mal de mer… et souvent ils n’ont pas notre âge. Le coup de vent terminé on avance tranquillement mais la houle et le froid nous font passer une très mauvaise nuit.
17ème jours, jeudi 3, le vent est toujours présent, on avance vite. Il nous manque 170 miles pour atteindre Flores, l’ile la plus à l’ouest des Açores. On espère arriver le lendemain avant la nuit. La grande question est : y-a-t-il une marina sur l’île ? Ou plutôt pourra t on se poser tranquillement au port, se doucher, dormir tranquillement… d’après le guide, qui date de 2003, il y a un projet de marina en cours mais rien de construit encore. Ce sera la surprise. Le vent tourne et on se retrouve vent arrière en début d’après midi, les voiles en ciseaux. On reste vigilant, on se rappelle du coup de vent d’hier… le vent et la houle forcissent mais le bateau tient bien, on avance vite, 6-7 nœuds. Le vent continu à forcir doucement, à partir du 2ème quart, sous l’effet de la houle, le bateau est difficilement tenable en vent arrière et le barrer devient très très sportif, et le bruit des multiples empannages nous empêche de dormir. A 4h, alors que le vent souffle à 25 nœuds on décide d’affaler la grand voile et de marcher sous génois seul. C’était le bon choix, on est aussi rapide et le bateau tient beaucoup mieux. On aurait du s’en occuper avant ! C’était le quart le plus dur pour Fabrice et Olivier. Comme quoi, même à 100 miles de l’arrivée, il faut toujours être vigilant.

Nous arrivons le 4 juin vers 18h à Flores, les côtes sont magnifiques : des grandes falaises de plusieurs centaines de mètre, très vertes avec des multiples cascades. On arrive au mouillage, sans marina, on gonfle l’annexe, on se jette sur le premier Bar-Restaurant…
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