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24 avr. 2010

Les Iles Vierges


Les Iles Vierges, du 9 au 17 avril

Les Iles Vierges, surnommées les BVI, British Virgin Island, pour la partie anglaise, sont un groupement d’une dizaine d’iles tout au nord des Antilles, à l’est de Puerto Rico. C’est un vrai  petit paradis : des iles vallonnées, bordées de plages et parfois entourées de barrières de corail, une végétation luxuriante… Malheureusement les BVI sont victimes de leur succès et l’on y croise des dizaines / centaines de voiliers de location et les mouillages sont bondés, mais curieusement  le littoral et la mer sont assez bien préservés. Le point « positif » de cette surabondance de bateau est la profusion de voiliers/yacht de milliardaires, on a vu plusieurs 3 mats de plus de 90 pieds, des énormes catamarans (dont celui de Richard Branson), et des Yacht dignes de Paris Hilton… bref ça fait plaisir. Par contre comme le disait Julien à la fin de son dernier article, toute cette abondance de magnifiques bateaux ne nous permet toujours pas de passer pour les rois du mouillage et cela renforce encore plus notre image de clochards que nous avions oubliée depuis Los Roques…

Petite parenthèse sur 2 iles que nous avons particulièrement appréciées :

La plus belle ile que nous avons visitée est Virgin Gorda, vous pouvez voir les vues spectaculaires que nous avons du haut de cette ile, des lagons d’eaux turquoises entourés de corail… c’est aussi l’ile aux énormes rochers qui trainent sur les plages créant des grottes naturelles magnifiques.

Anegada, la plus sauvage, est l’île la plus au Nord des Antilles, avec 203 habitants (en 2003) et une flore impressionnante : elle ne culmine qu’à 8 mètres mais il y a des dizaines d’espèces d’arbres/arbustes/cactus/fleurs différentes, et une faune tout aussi riche : tortues de mers, flamands roses...

En tout nous avons visité 4 iles et en général nous faisons un premier repérage puis nous revenons le lendemain pour la journée. On ne s’attarde pas trop car la vie est vraiment chère, 50 dollars la langouste,  et nous avons surtout hâte d’atterrir à Saint Martin, île française, où nous espérons trouver un peu plus d’infrastructures et surtout des produits français : crème fraîche, fromage, charcuterie, Jenlain…

Nous partons donc le 17 avril d’Anegada pour Saint Martin, et histoire de changer un peu ce sera 24 heures de près. On arrive donc crevés à Marigot (capitale de l’île), ce qui ne nous empêche pas de foncer sur internet et sur le premier supermarché qu’on trouve et c’est festin : 2 fromages, 2 pâtés et 3 baguettes, on oublie le rouge mais on se rattrapera la fois d’après.

Nous voila donc ici pour presque 1 mois avec au programme : les réparations nécessaires avant la transat retour, la visite de Saint Martin, le carnaval, la découvert des iles aux alentour …

Adrien
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16 avr. 2010

Ecole de St Martin | LES ORDURES


Le chiffre : 1 poubelle de 20 L par semaine, pour 5 personnes quand nous sommes en traversée.
Comparé à la classe cela fait 3 fois moins et comparé à une famille de 4 personnes cela fait 8,5 fois moins.

COMMENT FAIT-ON ?

Avant de partir : Nous faisons attention à ce que nous achetons : nous privilégions les gros contenants : des paquets de 10kg de riz plutôt que 1kg. Nous évitons aussi les produits sur emballés avec peu de matières consommables. Nous ne consommons pas de produits frais qui génèrent en générale énormément de déchets : yaourts, fromages, crème fraîche… Pour l’eau nous utilisons des bidons de 20L que nous remplissons dans les ports.

Pendant la traversée : Une partie de nos déchets peuvent être rejeté à la mer sans polluer. Il faut considérer la mer au large comme une poubelle pour les déchets biodégradables, matières organiques, métal, papier et verre. Tout le reste, plastique, piles, bouteilles de lait… sont jetés dans la poubelle du bateau. 

Nous jetons le verre et le métal que quand nous sommes loin des côtes (12 miles*, =21km), ces déchets coulent et ne sont pas rejetés sur les côtes, ils ne représentent pas non plus de danger pour l’environnement marin (faune et fore), ils se dégradent même plus rapidement dans l’eau que sur terre.

* La convention internationale pour la prévention de la pollution des mers (MARPOL) interdit formellement à tout navire de jeter du plastique où que ce soit en mer. Nourriture, cartons, métal (Boîte de conserves) et verre ne sont jetables qu’à plus de 12 miles de côtes. Source : « Questions du marin curieux »

C’est la vie sur le bateau qui nous « force » à être comme cela, cela nous apprend à quel point il est facile de réduire nos déchets mais nous sommes conscients qu’il est difficile de se priver de certaines choses si faciles d’accès en France. Une fois revenu sur terre je pense que nous réduiront, naturellement nos déchets, mais nous ne pourrons pas revenir au niveau atteint sur le voilier.

Votre œuvre collective représente exactement le genre de déchets que nous n’utilisons pas. Gobelets plastiques (nous en avons sur le bateau mais nous réutilisons), yaourts…  


Petite anecdote : quel est le pays que nous avons visité qui pollue le moins? Qui dépense le moins ? Qui à les eaux/plages les moins polluées ? Réponse : Cuba.

En effet la vie cubaine, complètement éloignée de la consommation de masse, est un exemple à suivre. Les cubains vont chercher leur nourriture avec leurs récipients, leur rhum dans leurs bouteilles. Ils recyclent tout ce qu’ils peuvent et récupèrent tout ce qui est récupérable (j’ai déjà vu un cubain ramasser les gobelets en plastiques d’un hôtel pour les laver et les utiliser dans les bars). Je n’ai pas de chiffres mais je pense que le rejet de déchet d’un cubain est au moins de dix fois inférieurs à un occidental, sachant que les cubains vivent très bien et ont une espérance de vie proche de celles des occidentaux. Il faut noter qu’avec ce système les cubains n’ont pas accès aux mêmes produits que les pays occidentaux. 

Les Questions posées aux élèves / Vos réponses à nos questions sont complètes, nous allons seulement les enrichir avec notre expérience, en gras.

1 -  D’où vient la pollution des océans ?

La pollution des océans vient de l’action de l’Homme à cause :
- de la pollution des fleuves
- des rejets d’eaux usées domestiques
- des rejets industriels
-  du pétrole déversé lors des accidents survenant lors de l’extraction ou lors du transport des hydrocarbures
-  des débris marins comme les déchets plastiques et synthétiques

En effet la pollution des mers vient en majorité des terres, et en particulier des fleuves. En République Dominicaine, la rivière de Saint Domingue relâche tellement de déchets que la marina, au niveau de la rivière, est protégée par des filets pour éviter que les déchets rentrent. 

2 - Combien de tonnes de déchets sont jetés chaque année à l’eau ?

Chaque année 20 milliards de tonnes de déchets sont jetés à l’eau dont :
- 150 000 tonnes d’hydrocarbures
- 1,8 millions de tonnes de produits toxiques
-  6 millions de tonnes de polluants venant des fleuves
-  200 000 tonnes d’hydrocarbures dispersés dans les airs qui retombent dans l’océan avec la pluie.

3 - Quelle est la durée de vie des déchets jetés à la mer ?
En fonction de leur nature, les déchets mettent entre 3 semaines et 1000 ans pour se dégrader, certains ont même une durée indéterminée de dégradation.

Exemples :
- papier journal : 3 à 12 mois
- bouteille en plastique : 500 ans


Certains déchets mettent du temps à se dégrader mais ils ne font « pas de mal » à environnement : verre, papier et métal. Pour nous le poison des mers est le plastique : on en retrouve partout : dans la mer, sur les plages, dans l’estomac des poissons… en effet il se dégrade trop lentement (500 ans c’est l’équivalent à la découverte de l’Amérique) et il flotte (et donc on le retrouve OBLIGATOIREMENT QUELQUE PART). Certains autres déchets se dégradent encore plus lentement mais ne représentent aucun danger pour la nature et ne provoquent pas de pollution visuelle sur les côtes, si ils sont jetés loin des côtes.

Voici les données que nous avons :  Source : « Questions du marin curieux »
Papier : 2 à 5 mois
Pelure d’orange : 6 mois
Carton de lait : 5 ans
Boîte de conserve : 10 à 100 ans
Sac Plastique : 450 ans
Canette aluminium : 200 à 500 ans
Bouteille plastique : 100 à 1000 ans
Bouteille verre : 4000 ans


4 - Quelle est la matière la plus dangereuse ?
Le plastique est la matière la plus dangereuse. En effet, les poissons peuvent manger les sacs plastiques qui les étouffent.

Nous somment entièrement d’accord…

5-  Qu’est ce qui pollue le plus sur un bateau ? Et sur un voilier ?
Ce qui pollue le plus sur un bateau est le pétrole.
Et sur un voilier les déchets de l’Homme.

Les bateaux de commerce rejettent une grosse partie de leurs déchets dans la mer (les moins polluants), cela est toléré car cela représente peu comparé aux rejets venant de la terre. 

Sur un voilier, malgré nos efforts, nous polluons aussi. D’une par le moteur rejette une partie de l’essence dans la mer et d’autre part il existe une pollution venant de la dégradation de la coque du bateau et des produits d’entretien que nous utilisons.

6 - Qu’est ce qu’on retrouve sur des îles désertes non nettoyées ?

On retrouve toute sorte de déchets rejetés à la mer et qui ont une durée de dégradation plus ou moins longue (déchets plastiques et synthétiques) et des épaves de bateau.

Du plastique… certaines iles que nous avons visitées sont désertent et personne n’est là pour nettoyer du coup sur les bords de plage on retrouve TOUS les produits qui flottent : principalement du plastique, de toutes sortent (bouteilles, bouchons…), des bouteilles fermée hermétiquement, des ampoules,  des vêtements… il est difficile de tout énumérer, il faut juste se rendre compte que tout produit rejeté à la mer atterrie quelque part.  

Les photos ci-joints ont été prises sur la côte de Bonaire (Antilles néerlandaise, au large du Venezuela).

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13 avr. 2010

République Dominicaine

La tradition veut qu’à l’arrivée dans un nouveau pays, le Raffût se paye une sortie nocturne bien arrosée durant laquelle Adrien et Raoul s’endorment prématurément…accoudés au comptoir.
Santo Domingo n’échappera pas à cette tradition. Non.
Accompagnés par Nico en tour du monde et de passage sur le Raffût, nous nous sommes immiscés au cœur de la ville dans une soirée en plein air où les gens dansaient au rythme d’un groupe de musique locale. L’ambiance monte, les bières se descendent. Vous connaissez la fin.

Ainsi, après nous être pliés aux exigences de la tradition, nous partons le lendemain à la découverte de cette cité coloniale. Bien que très polluée, il est très agréable de se perdre dans ses rues si l’on excepte les 35° qui vous accablent la majeure partie de la journée.
Ce qui nous a le plus marqué, c’est l’abondance. Des supermarchés très bien achalandés, des magasins spécialisés à tous les coins de rue, des laveries, des fast food, internet pour pas un rond. Bref, je ne vais pas tout vous lister, vous avez les mêmes en France. Mais après avoir passé près de deux mois à Cuba, le choc est réel. Le premier jour, on s’arrêtait tous les 20 mètres, on voulait tout acheter. Oui, parce qu’à Cuba, on s’organisait quand même des missions « œuf » !

Le thème de ces 6 jours passés à St Domingue sera donc la bouffe. Acheter, préparer, bouffer (je vous assure que c’est plus approprié que manger) et digérer les repas du midi et du soir nous prenait quasiment toute la journée. Bœuf bourguignon, fricassée de crevettes et de calamars, steacks de 300 grs/pers ratatouille etc.. Apéro, entrée, plat, dessert, café, chocolat à tous les repas. On a passé la semaine à bouffer, dans des proportions toujours plus démesurées chaque jour, portés par l’enthousiasme contagieux de nos deux estomacs sur pattes, j’ai nommé Adrien et Raoul (oui ce sont les mêmes qui s’endorment au bar).
Après la rareté, la profusion. Une semaine ça va, plus c’eut été trop. Il est temps de partir. On quitte donc Santo Domingo pour Boca Chica à quelques heures de navigation plus à l’Est. On s’installe au mouillage de la marina la plus confortable visitée jusqu’ici. Wifi sur le bateau, laverie pas cher, salle de détente avec TV, bar, shipchandler et un chauffeur gratuit à notre disposition pour nous emmener faire des courses.
D’abord, nous en profiterons pour faire un certain nombre de choses intelligentes comme un énorme plein de courses (1000 $), des lessives et remettre à neuf le tableau de bord du moteur et y remplacer le barillet de la clé. Et puis pour des choses moins intelligentes comme regarder la semaine du zapping sur Internet ou Arsenal – Barça à la TV. Ou encore jouer au Président (mieux connu sous un autre nom) au bar de la marina.
La ville de Boca Chica en elle-même n’a pas grand intérêt. Station balnéaire fréquentée des Dominicains, ses plages sont squattées par des locaux qui la transforment en déchetterie en un temps record. Les deux ou trois Hôtel Resort qui y sont installés ont un bout de plage privée et sont séparés par une barrière de l’emplacement des Dominicains. Ambiance.
Tous les jours, nous occuperons nos fins d’après-midi en parties de beach volley sur la plage de l’un d’eux jusqu’à ce que la sécurité nous fasse gentiment comprendre la veille de partir, que n’étant pas de l’hôtel, il nous invitait à aller jouer ailleurs.

Et puis cette semaine passée à Boca Chica aura été riche en transferts du côté du Raffût. Oliv J censé nous rejoindre en République Dominicaine a prolongé son bail à Montréal jusqu’au 20 Avril. Il doit nous rejoindre à cette date à St Martin. Quant à Oliv M dit Raoul, il quitte comme prévu le Raffût et rejoint pour 6 mois Carcassonne après une dernière semaine de navigation en famille dans les Grenadines. On lui souhaite bon courage pour cette reprise.
Enfin, Poncho, le joker de luxe du Raffût est venu caler une petite semaine à bord entre ces road trip à NYC et Miami. A cette occasion, nous avons eu le plaisir de rencontrer ses amis de Barcelone, César et Vanessa avec qui nous avons fait une excursion « cascades naturelles » dans le nord du pays.
Cette ballade pour laquelle nous avions loué une voiture et dû parcourir 600 km aller-retour nous aura enseigné deux choses. La première c’est la circulation dans ce pays qui se fait…sans code de la route et qui en plus et très dense.
La seconde c’est la beauté de certains endroits à la végétation luxuriante que nous avons traversé durant cette journée et qui nous donnent à croire que la Rep Dom recense bien plus d’endroits magnifiques que la visite de ces seules plages du sud le laisse penser. Malheureusement, les divers allers et venues ainsi que les quelques réparations du bateau nous empêcheront de beaucoup bouger et donc d’en faire plus.
Nous passerons donc une semaine à Boca Chica. Il est temps pour Poncho et Nico de nous quitter pour leurs futures destinations. Le Raffût lui, met les voiles, direction les Virgin Islands.

C’est donc à 3 que nous nous apprêtons à remonter les Alizés sur près de 300 milles. Vent de Nord Est constants à 25-30 nœuds avec forte houle. Le décor est planté, rien à voir avec les 10-15 nœuds de vent variable annoncés à la météo. Les premières 24 heures se passent idéalement. Faisant cap au sud est, nous atteignons le sud des côtes portoricaines en un temps record. Ensuite, ce fut nettement moins idéal. 4 jours de près serré : Comme dit Adrien, « le près c’est marrant 2 heures, 4 jours c’est chiant ». Deux fois 2h30 de quart chacun par nuit, le sommeil est court, l’allure est fatigante. De simples activités comme faire à manger ou la vaisselle sont de vraies missions. Arrivés à proximité des îles vierges, nous optons pour un mouillage plus près de celui que nous avions prévu de rejoindre initialement afin de nous éviter une nuit de nav supplémentaire.
Une nuit de 11 heures réparatrice nous suffira pour partir à la découverte de ce paradis. Ca valait le coup finalement. Iles vierges, elles le sont… presque. Si les terres sont pour la majorité très peu peuplées, avec des ballades en pleine végétation qui valent le coup, en revanche les mouillages eux sont bondés. Des centaines d’américains en gros catamaran de location et des yachts de milliardaires les squattent pour leurs vacances. Inutile de vous dire qu’on fait plus clochard que jamais avec notre Raffût de 1976, ses 11,30, ses algues sur la coque et ses caleçons qui sèchent sur les filières.
C’est donc un endroit fréquenté par des riches, les restaurants et les bars sont chers. Nous essayons dans la mesure du possible de se contenter du côté paradisiaque des paysages et des plages, et d’oublier les activités payantes.

Nous prévoyons de rester une dizaine de jours au milieu de ces îles avant de partir pour St Martin, un peu moins de 100 milles plus à l’Est, aux alentours du 18 Avril. En plus d’y récupérer Oliv J puis plus tard Fabrice, pour la transat retour, nous en profiterons pour mettre le bateau à sec et lui faire un petit lifting, en prévision de sa revente future en septembre.

Julien.
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